PORTRAIT DE LEVERT
Ses dasses terminées, son baccalauréat passé, il s'inscrivit, selon le désir de ses parents, à
I Ecole de droit, mais son goût et son attrait pour le dessin ne tardèrent pas à se manifester. Son père le laissa suivre son penchant, et Degas entra en 1855 à l'École des Beaux- Arts, où, cette même année, il est inscrit pour le concours des places de semestre. Il ne semble guère y avoir été assidu.
II fut plus fidèle à l'atelier du peintre Louis Lamothe, où il travailla aux côtés d'Elie Delaunay.
Louis Lamothe, né à Lyon le 23 avril 1822, mort à Paris le 15 décembre 1869, avant d'avoir atteint ses quarante-huit ans, après une vie de labeur et de privations, est aujourd hui bien injustement oublié. Quoiqu'il passe pour un disciple d Ingres, il ne le fut pas en réalité, tout au moins directement. D'abord élève d'Auguste Flandrin, à Lyon, arrivé à Pans en 1839, il entra dans l'atelier de son frère, Hippolyte Flandrin. L'atelier d'Ingres avait été fermé cinq ans plus tôt, en 1834. Mais, quand l'auteur du Plafond d'Homère revint à Pans, en 1841, Louis Lamothe subit, comme ses propres élèves, son influence exclusive. Louis Lamothe a laissé des travaux dignes de la plus sérieuse attention. Il a décoré à Paris, dans l'église des Jésuites de la rue de Sèvres, la chapelle de Saint-François-Xavier, où il a placé deux vastes compositions consacrées à la vie de l'apôtre des Indes ; il a dessiné les vitraux des Prophètes et peint le retable de Saint- Valère, de l'église de Sainte-Clotilde ; il a exécuté les figures de Saint Christophe et de Sainte Pélagie de la théorie d'Hippolyte Flandrin, à l'église Saint- Vincent-de-Paul. Quelques dessins de lui sont admirables, au dire de MM. Maurice Denis et Henry Lerolle, son dernier élève.
Peut-être, probablement même, est-ce dans l'atelier de Louis Lamothe, où Ingres était considéré comme le maître par excellence, que Degas s'en-
Collection de M"' Cha