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les aliénés, à part quelques excités maniaques, offrent ce même retard à un degré variable.
Quant à la gaucherie ‘, il n’est pas bien prouvé qu'elle soit plus fréquente chez les aliénés et les criminels. oo
Lorsque l’ensemble de ces caractères tant anatomiques que physiologiques existe, on serait, d’après M. Lombroso, en possession du critérium anthropologique; on serait sûr d’avoir affaire à un criminelné, incorrigible, contre lequel il n’y a qu’une mesure scientifique à prendre. la détention perpétuelle.
Cependant M. Lombroso convient lui-même que ce commplexus ne se rencontre que 40 fois p. 100 chez les criminels avérés, et qu'il peut se rencontrer sur des sujets non criminels ?. .
On peut remarquer tout d’abord que, pour que ces caractères destinés à séparer le criminel de l’homme sain aient une valeur vraiment scientifique, il faut admettre que l’homme normal est un être nettement défini, toujours semblable à lui-même comme un sel cristallisable. Il n’en est rien, pas plus au point de vue anatomique qu’au point de vue physiologique. D'autre part, et cette objection est moins puérile qu’elle peut le paraître, l’école anthropologique n’a
1. L. Jobert, Les qauchers comparés aüx droitiers, au point de vue anthropologique et médico-légal (th. de Lyon, 1885).
2, Les hystériques qui présentent plusieurs des conditions physiologiques de la criminalité (troubles de la sensibilité et de Ja motilité, excitabilité excessive, etc.) et qui souvent se laissent aller à des impulsions délictueuses (voleuses aux étalages, vitrioleuses, etc.\, sont souvent remarquables par la régularité de leur conformation physique, et un petit nombre seulement offre des stigmates anatomiques.
considéré, et ne pouvait considérer comme malfaiteurs, qu’une catégorie de délinquants, ceux qui se sont laissé prendre; or il n’est pas besoin de dé-
| montrer que les auteurs de bon nombre d’actes anti-
he
sociaux échappent à la justice; l'avortement et l’infanticide, par exemple, restent très fréquemment ignorés; il en est de même des meilleurs vols !. La vertu ne se-caractérise sur le vivant par aucun signe objectif spécifique ; aussi lorsqu'on compare, par exemple, un cerveau de criminel à un cerveau qu’on considère comme un type normal qui, je le répète, est purement hypothétique, nous ne sommes jamais
. Sûrs que ce cerveau type n’appartenait pas à un autre
criminel plus adroit ou plus favorisé par la chance.
M. Tarde * dit que la femme, qui se rapproche du sauvage et du criminel par un certain nombre de caractères anatomiques et physiologiques *, montre
4. M. Lombroso reconnait que les délinquants de talent, comme Lacenaire, et en général les faussaires et les banqueroutiers, manquent de caractères physiques. (Conclusions des rapporteurs du congrès d'anthropologie criminelle de Rome. 1885.)
9, La Criminalité comparée, in-18, 1886.
3. Parmi les caractères physiologiques qui établissent une analogie entre les femmes et les criminels, il faut citer surtout l’état de la sensibilité. D’après les observations de M. Herzen, les petites filles rougissent d'abord plus vite que les petits garçons; mais, tandis que chez ces derniers la réaction s’accélère régulièrement jusqu’à l’adolescence, chez les premières elle s’accélère moins rapidement, et elle s'arrête à une rapidité inférieure à celle du sexe masculin et qui se maintient pendant toute la vie. (Le Cerveau et l’Activilé cérébrale, p. 98.) La conclusion qui découle de ces faits, à savoir que les femmes réagissent plus lentement que les hommes, a pu être imprévue, mais elle concorde avec certains faits de l’évolution anttomique comparés dans les deux sexes : le cerveau arrive plus tôt chez la femme à son complet développement; mais il
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pourtant une criminalité inférieure. M. Lombroso répond à cette objection en faisant remarquer que, si l’on ajoute la prostitution à la criminalité féminine, cette dernière atteint celle de l’homme. Il est assez difficile de décider si la prostitution, qui ne touche ni la propriété ni la vie d'autrui, doit rentrer dans la criminalité ordinaire, d'autant plus que, dans l’état actuel de notre civilisation, les rapports sexuels s’accomplissent de telle sorte que les limites de la prostitution sont fort indécises. Mais si l'on considère que la criminalité a en somme pour mobile principal le désir excessif de se procurer le plus de jouissance possible avec le moins de peine possible, jusqu'à prendre aux dépens du travail d'autrui, on. peut dire que la prostitution a la même origine que le crime; prostituées et criminels ont pour caractère commun d’être des improductifs et par conséquent des antisociaux. La prostitution constitue donc une forme de criminalité, une criminalité d’impuissance, qui dispense la femme plus souvent que l'homme de la criminalité violente ou destructive.
Esquirol et Parent-Duchâtelet ont signalé la fréquence de la folie, de la débilité mentale chez les prostituées. Riant et Léon Faucher ont fait remar-
reste toujours d’un poids inférieur relativement au poids otal. On peut rapprocher de ces faits certaines particularités lu développement des os qui, chez la femme, se fait plus rapilement, mais s'arrête plus tôt, et j’ai montré qu’elle est plus suette aux atrophies de certaines parties du squelette (Aérophie rénile symétrique des pariélaux [Bull. Soc. anat., 1816, p. 485]; — Contrib. à l’élude de la pathogénie et de l'anatomie pathologique du céphalæmatome [Revue mensuelle de méd. et de “hir., 1880]).
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quer depuis longtemps les rapports qui existaient : Londres entre les prostituées et les voleurs; aujour d'hui cette alliance estd’observation vulgaire à Pari: et dans toutes les grandes villes.
Si la prostitution féminine a souvent pour origine les vices masculins, il n’est pas moins vrai qu’elle sert à la fois aux criminels de ralliement et d’agent provocateur. Mais ce n’est pas seulement par la prostitution proprement dite que la femme excite la criminalité masculine. Ce n’est pas sans raison que M. Mantegazza ! considère la coquetterie comme un vice. « La vertu de la coquette, dit-il, est une vertu toute physique, tout anatomique. » On peut dire que la coquetterie est la prostitution des femmes qui n'ont que faire d'amour et qui sont à l'abri de la faim : dans les milieux où elle s'exerce, elle provoque peut-être autant de désastres moraux que la prostitution véritable.
Mais quand on aurait scientifiquement démontré que la prostitution sous ses différents aspects constitue une forme de la criminalité, il n’en serait pas mieux établi que les caractères anatomiques et phy siologiques de la femme sont plus voisins de ce d’un soi-disant type criminel.
M. Tarde, qui admet, avec quelques réserves, | type criminel, pense qu’il s’agit d’un type professionnel analogue à ceux qu’il suppose exister da l'armée, dans le clergé, etc. D’après lui, ceux qu sont doués de certaines facultés spéciales so