PROTECTION DES DÉGÉNÉRÉS
térêt de chaque individu fût autant que possible en harmonie avec l'intérêt général »; il faudrait que l'éducation et l'opinion établissent dans l’esprit de chaque-individu une association indissoluble entre son propre bonheur et le bien de tous.
En dehors des sentiments sympathiques que peut faire naître en nous la vue des souffrances des infirmes et des malades, l'utilité. générale nous impose la solidarité. Bien qu’il soit facile d'établir matériellement que, considérées en général, les infirmités et les maladies sont en somme une cause de déficit social, il ne serait pas légitime de laisser sans secours ceux qui en sont atteints. L’habitude d’abandonner à leur sort tous les vaincus deviendrait bientôt sans réserve, et un instant de déchéance accidentelle pourrait priver la société de ses membres les plus féconds. Tout porte à croire que l'assistance de cette catégorie d’improductifs accidentels se traduit en fin de compte par un bénéfice social. L’utilité de l’assistance n’a pour limite que l’encouragement à l’oisiveté et par conséquent au vice, aux destructions sèches de la valeur; c’est ainsi qu’il faudrait comprendre ce mot d’un économiste : « Quiconque fait l’aumône sans examen est coupable d’un véritable délit social » (Germain Garnier). Ce n’est pas le lieu d’insister plus longuement pour montrer comment l’assistance est un devoir social et non pas un droit individuel (Vasco). La charité s’étendant à toutes les peines et à toutes les misères cesse d'être utile à la société et à l’espèce, elle ne fait que favoriser leur
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déchéance. Et même lorsqu'elle s'applique an infirmes et à bon nombre de malades, l'assistance ne doit pas aller jusqu’à favoriser leur reproduction, qui ne peut qu'être décadente\!.
I n'ya aucune loi sur laquelle on puisse s'appuyer pour interdire les unions entre dégénérés, et on ne peut même pas supposer une loi semblable, car qu serait en mesure de décider à quel degré de dégtnérescence il faut s'arrêter? .Le seul moyen qu puisse être tenté est d’instruire le public, de lu ‘apprendre par tous les moyens, comme une notion de nécessité urgente, les lois fatales de l’hérédité el -de la dégénérescence, de sorte que les moins atteints sachent se mettre en garde. Il ne faut pas laisse s’accréditer cette erreur qu'une infusion de sat nouveau peut faire remonter à une famille l'échelle de la dégénérescence : à ces croisements, les ract déchues re gagnent pas ce que les bonnes perderl. Il faut que le faible périsse, telle est la loi fatal
1. « L'individu malade et devenu incapable des fonction naturelles de l’espèce est instinctivement exclu de la con munauté », dit Maudsley, après avoir relevé chez l'homnt un vague sentiment d’antipathie analogue à celui que mort trent les animaux à leur congénère malade (Crime et Folie, p. ÿ.
2. « Voici peut-être la plus mélancolique des réflexion qu'on puisse faire sur l'humanité : c’est qu'on peut se demal der, en somme, si la bienveillance des hommes fait plus de bien que de mal. La philanthropie fait beaucoup de bien.
-assurément; mais elle fait beaucoup de mal aussi. Elle aux mente tellement le vice, elle multiplie tellement la souffrant, ‘elle fait naître pour le vice et la douleur des populations fi considérables, qu’on peut se demander si elle n’est pas malheur pour le monde. » (M. Bagehot, Lois scientifiques ds : développement des nations dans leurs rapports avec les princ . de la sélection naturelle et de l’hérédité, 4e éd., p. 205.)