L’UTILITÉ GÉNÉRALE ET LA PROTECTION DES DÉGÉNÉRÉS
Au point de vue social, on peut diviser les dégénérés en deux catégories : les improductifs et les destructeurs. Ces deux catégories ne se distinguent que par le degré de nocivité, mais elles peuvent être l'objet de précautions différentes.
Les improductifs sont des impuissants par infirmité congénitale et des malades. Aux uns comme aux autres, les sociétés civilisées n’ont guère refusé. leur secours, et si cette assistance a fini par se régulriser du consentement général, c’est qu’en somme elle concorde avec l’intérêt commun. En venant en aide aux infirmes et aux malformés, la société n'agit pas seulement sous l'influence d’une émotion sympathique de pitié, elle est surtout guidée plus ou moins inconsciemment par un intérêt bien entendu. Lorsqu’un enfant naît difforme, il est souvent impossible de décider quelle sera sonévolution ultérieure, jusqu’à quel point il sera incapable de subvenir à ses
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besoins ou de contribuer au bien-être commun ; l'incertitude, il y a intérêt à l’élever comme s’il de être utile : l'exemple de Tyrtée a pu montrer Spartiates que les noyades de l’Eurotas n'étaient pa exemptes de tout reproche. Cette réserve est d’autan plus de mise aujourd'hui que nous avons plus i attendre, dans l’état actuel de notre civilisation, de adaptations psychiques que des adaptations som tiques : Moreau de Tours a d’ailleurs bien mon les liens de parenté qui unissent le génie, quelqu fois utile, aux dégénérescences !. Toutefois ce sollicitude ne -doit pas aller jusqu’à sacrifier | individus sains aux malformés.
Quant aux malades, l'avantage que la sociët risque de tirer des soins qu’elle leur donne mesuré par leur aptitude antérieure à la production, l'utilité commune est trop évidente pour qu’il soi nécessaire d'y insister. En somme, comme le fa remarquer J. Stuart Mill ?, « dans la règle d’or Jésus de Nazareth, nous trouvons l'esprit compl de la morale utilitaire. Faire aux autres ce qu’ voudrait que les autres fissent pour nous, ai son prochain comme soi-même, voilà les deu règles de perfection idéale de la morale utilitaire. Mais, pour arriver à cet idéal, il faudrait que « li
1. 11 faut remarquer que si le génie et le talent s’allient souvent aux névroses et aux psychoses, ils sont rare associés au crime chez le même individu : on n’en a cité des exemples contestables. Les inventeurs qui tuent le soi-disant persécuteurs, sont en général des inventeurs d'a surdités.
2. J. Stuart Mill, l’Utilitarisme (Bibl. de phil. contemp: p. 33.
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