Revue philosophique. avril
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lequel une excitation périphérique par l’aimant ou par tout autre excitant détermine un changement de tonalité, entrainant une telle modification de la sensibilité qu’une couleur peut être sentie comme sa complémentaire, et qu’une émotion se transforme en une émotion opposée. Ces sensations et ces émotions complémentaires peuvent être objectivées par l’étude des conditions physiologiques que nous venons de passer en revue, et qui servent de contrôle à la réalité du phénomène. J'avais déjà ‘ constaté expérimentalement les modifications de l’activité volontaire qui accompagnent la polarisation ; l’étude des mouvements réflexes et de la tonicité musculaire, de la circulation et de la respiration n’a fait que confirmer les premières recherches ?.
Les conditions physiologiques des émotions que nous venons d'étudier permettent de comprendre comment chaque modification émotionnelle influe
1. Revue philosophique, octobre 1885 : Sensation et mouvement, p. 51.
2. Le phénomène de la polarisation psychique a été retrouvé depuis par MM. Bianchi et Sommer (Archivio di psichiatria, 1886, t. VI1, fasc. IV, p. 387 ; — Revue philosophique, février 1881) et par MM. Raggi, Stefanini, et Rainaldi. Les expériences qui ont été faites devant l'association médicale italienne de Pavie (Semaine médicale, 1887, 5 octobre) n’ont pas réussi et ne devaient pas réussir, par la simple raison qu'on en a fait
plusieurs coup sur. coup, et que le résultat devait être troublé par le phénomène des oscillations consécutives. Voir Binet et Féré, le Transfert psychique (Revue philosophique, janvier 188$,.et le Magnétisme animal, 2e éd., 1888). — Ces phénomènes ont fait le sujet d’applications intéressantes à la médecine mentale (Raggi, Fenomeni di contrasto psichico in un alienato [Arch. ilal. per le malattiè nervose, 1 septembre 1887]; Venturi Silvio e Venturi Domenico, Dell’ azione della calamitu sulle ides fisse morbose [Giorn. di neuropatologia, febr. 1887]).
sur la sensation, et par conséquent sur tous les phénomènes psychiques qui’ sont influencés à des degrés variables suivant l'irritabilité de l'individu aussi bien par les ingesta que par les circumfusa .
Comme nous l'avons fait remarquer, ces condi- Lions sont surtout faciles à mettre en évidence chez une catégorie particulière de névropathes, les hystériques ; et on pourrait presque dire que les manifestations exagérées que nous avons pris à tâche d’étudier constituent autant de caractères de la maladie : chez un hystérique mâle qui est entré dans mon service avec des troubles sensitivo-sensoriels et moteurs prédominants à gauche, j'ai pu constater un certain nombre des réactions que nous venons de considérer, et elles ont disparu en même temps que les autres symptômes de la maladie. Du reste, il est certain que d’une manière générale les réactions que nous avons eu occasion de signaler chez les hystériques sont plus marquées du côté où la maladie nrédomine, c’est-à-dire du côté le plus anesthésique et le plus amyosthénique. Il est facile de constater chez un grand nombre de ces sujets que les phénomènes vaso-moteurs qui accompagnent les émotions, la rougeur surtout, se manifestent d’une manière plus évidente de ce côté.
Personne ne peut plus douter aujourd’hui que les
{, Il n'est pas sans intérêt de rapprocher des faits physioloriques qui précèdent le postulat sur lequel Spinoza fonde sa “enèse des passions : « Le corps humain peut être atfecté de plusieurs modifications par lesquelles sa puissance d’agir est augmentée ou diminuée, et aussi d’autres modifications qui ne rendent sa puissance d'agir ni plus grande ni plus petite. »
hystériques ne soient soumis aux lois communes ; leur excitabilité particulière ne fait que grossir les phénomènes physiologiques normaux, et on doit * considérer que non seulement les individus qui présentent des états morbides voisins sont susceptibles d'offrir les mêmes réactions, mais que tous les hommes les présentent à un certain degré qui échappe souvent à nos moyens d'investigation encore imparfaits. Toutefois il est cértain que les réactions violentes et explosives, et le besoin permanent d’excitation, qui résultent soit de la débilité native, soit de l’affaiblissement consécutif aux} décharges nerveuses, c’est-à-dire en somme les: conditions physiologiques du crime, soient plus fréquentes chez les individus doués de la faiblesse irritable, chez cette catégorie d'individus que l’on désigne communément depuis Morel sous le nom de dégénérés.
La physiologie peut, à notre avis, permettre d’établir théoriquement la relation qui existe entre la maladie et le crime. Nous aurons à rechercher si cette relation ne peut pas s'appuyer sur d'autres preuves.
Du reste un certain nombre d'observations indiquent que l’on peut retrouver chez des criminels des caractères physiologiques trahissant cette faiblesse irritable. À côté des troubles de la sensibilité si fré- . quents chez les criminels, M. Marro' a noté la fréquence de l’exagération des réflexes. Le caractère