‹ Dégénérescence (volume 2)Chapitre 11 sur 60 · Traité clinique et thérapeutique de l’hystérie, p · texte numérisé non relu

Traité clinique et thérapeutique de l’hystérie, p

2. Alfred Binet, Recherches sur les altérations de la conscience chez les hystériques. Revue philosophique, 1889, 27e volume.

DIAGNOSTIC

Or, le rouge est remarquablement dynamogène. « Ainsi », rapporte Binet, en décrivant une expérience tentée sur une hystérique atteinte d’insensibilité d’une moitié du corps, « nous mettons dans la main droite, anesthétique,

d'Amélie Cle... un dynamomètre La main donne en

moyenne le chiffre 12. Si on fait contempler à ce moment à la malade un disque rouge, aussitôt le chiffre de la pression inconsciente... double *... ». On comprend donc que des peintres hystériques se plongent à cœur-joie dans le rouge, et que des spectateurs hystériques éprouvent un plaisir particulier à la vue de tableaux qui agissent sur eux d’une façon dynamogène et éveillent en eux des sensations agréables.

Si le rouge est dynamogène, le violet, au contraire, est inhibant et dépressif1 2. Ce n’est point par hasard que le violet a été choisi par maints peuples comme couleur exclusive de deuil, et par nous comme couleur de demi-deuil. La vue de cette couleur exerce une action déprimante, et le sentiment de déplaisir qu’elle éveille répond à l’abattement d’une âme en deuil. 11 est compréhensible que des hystériques et des neurasthéniques peignants auront une tendance à répandre en quelque sorte sur leurs tableaur une couleur répondant à leur état de fatigue et d’épuise^ ment.

Ainsi naissent les peintures violettes de Manet et de son école, qui ne découlent pas d’un aspect réellement obscr-

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