‹ Dégénérescence (volume 2)Chapitre 44 sur 60 · V1' E. M. de Vogüé, op. cit., p · texte numérisé non relu

V1' E. M. de Vogüé, op. cit., p

grande masse des indifférents qui n’ont de penchant décidé ni pour le bien ni pour le mal, d’imiter l’exemple des criminels? A coup sûr, pas la doctrine de Tolstoï, suivant laquelle « la véritable vie est la vie présente ». La première fonction de la société, celle pour laquelle les hommes isolés se sont originairement formés en une société, c’est la défense de ses membres contre les malades affligés d’impulsions homicides et contre les parasites qui, déviations également pathologiques du type normal, ne peuvent vivre que du travail des autres et violentent sans hésiter, pour assouvir leurs désirs, tout être humain qu’ils rencontrent sur leur route. Les individus à instincts anti-sociaux formeraient bientôt la majorité, si les individus sains ne les combattaient et ne leur créaient des conditions défavorables à l’existence. Mais laissez-les devenir les plus forts, et la société, bientôt l’humanité elle-même, seraient nécessairement vouées à la ruine.

Outre le principe négatif que l’on ne doit pas s’opposer au mal, la morale de Tolstoï a aussi un principe positif : on doit aimer tous les hommes, leur sacrifier tout, même sa propre vie, leur faire du bien quand on le peut. « 11 est nécessaire de comprendre que, quand l’homme fait du bien, il ne fait que ce à quoi il est forcé, ce qu’il ne peut pas ne pas faire.... Quand il sacrifie sa vie charnelle pour le bien, il ne fait rien qui mérite qu’on le remercie et qu’on le récompense.... Ceux-là seuls vivent, qui font le bien ». ( Court Exposé de l'Évangile ). « Ce n’est pas l’aumône qui est efficace, mais le partage fraternel. Celui qui a deux manteaux doit en donner un à celui qui n’en

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a pas ». ( Que doit-on faire?). Cette distinction entre i’aumône et le partage ne peut pas être sérieusement maintenue. Chaque don qu’un homme obtient d’un autre homme sans travail, sans réciprocité, est une aumône, et c’est là une chose profondément immorale. Le malade, le vieillard, l’infirme qui ne peut pas travailler, doivent être nourris et soignés par leurs semblables; c’est le devoir de ceux-ci, et aussi leur instinct naturel. Mais faire des présents à un homme en état de travailler, c’est, en toute circonstance, une faute et une duperie de soi-même. Si l’homme capable de travailler ne trouve pas de travail, cela tient manifestement à un défaut des institutions économiques de la société; et chacun a le devoir de collaborer sérieusement à la suppression de ce défaut, et non pas d’en faciliter le maintien, en calmant pour un certain temps encore, par un présent, la victime de ces condi- : lions défectueuses; l’aumône n’a d’autre but, en ce cas, que d’étourdir la conscience de celui qui donne, et de lui fournir une excuse pour se dérober au devoir qui lui incombe de guérir les maux reconnus de l’ordre social Mais si l’homme capable de travailler déteste le travail, l’aumône alors le corrompt complètement et tue définitivement en lui le désir de mise en action de ses forces, qui seule maintient l’organisme sain et moral. C’est ainsi que l’aumône faite à un homme en état de travailler dégrade aussi bien celui qui la reçoit que celui qui la donne et empoisonne le sentiment du devoir et la moralité de tous deux.

Mais, en y regardant de plus près, l’amour du prochain qui se manifeste par l’aumône ou même par le partage

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fraternel, n’en est pas en réalité. L’amour sous sa forme la plus simple et la plus primitive (je ne parle pas ici de l’amour sexuel, mais de la sympathie générale pour un autre être vivant, qui n’a pas même besoin d’être un être humain), est un instinct égoïste qui cherche uniquement sa propre satisfaction, et non celle de l’être aimé; à un degré supérieur de développement, au contraire, il a en vue principalement, ou même exclusivement, le bonheur de l’être aimé, et il s’oublie lui-même. L’homme sain qui n’a pas d’instincts anti-sociaux aime la société des autres hommes; il évite donc presque inconsciemment les actes qui éloigneraient de lui ses semblables et il fait ce qui, sans lui coûter de trop grands efforts, est suffisamment agréable à ses semblables pour les attirer vers lui. La représentation de souffrances, même de celles qui ne sont pas les siennes propres, provoque chez ce même homme sain une douleur plus ou moins forte, selon le degré d’excitabilité de son cerveau; plus vive est la représentation de la souffrance, et plus violent est le sentiment de douleur qui l’accompagne; comme les aperceptions provoquées par les impressions sensorielles directes sont les plus vives, les souffrances qu’il voit de ses propres yeux lui procurent la douleur la plus aiguë, et, afin d’y échapper, il fait des efforts proportionnés pour que la douleur étrangère cesse, parfois simplement aussi pour qu’il ne la voie pas. Ce degré d’amour du prochain est, comme nous l’avons dit, pur amour de soi-même, car il ne se propose d’autre but que de s’éviter la douleur et d’accroître ses propres sentiments de plaisir. Au contraire, l’amour du prochain que Tolstoï veut évidemment prê-

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cher, se prétend désintéressé; il a en vue la diminution de la souffrance et l’augmentation du bonheur des autres; il ne peut donc plus être exercé d’instinct, car il exige une connaissance exacte des conditions d’existence, des sentiments et désirs d’autrui, et l’obtention de cette connaissance suppose observation, réflexion et jugement. On doit sérieusement peser ce qui convient réellement à son semblable et lui fait véritablement du bien. On doit complètement sortir de ses propres habitudes et idées, et s’efforcer d’entrer dans la peau de l’homme auquel on veut faire du bien. On doit voir avec l’œil de cet homme, sentir avec l’âme de celui-ci, et non avec son œil et son âme à soi, le bienfait qu’on se propose de lui départir. Tolstoï agit-il ainsi? Celles de ses œuvres où il montre en action son prétendu amour du prochain, témoignent absolument du contraire.

Dans le récit intitulé Albert ', Delessow recueille chez lui, par admiration pour son haut talent et par pitié pour sa pauvreté et son délaissement, un joueur de violon, — un bohème malade. Comme l’infortuné artiste est un buveur, Delessow l’emprisonne en quelque sorte dans son logis, le place sous la surveillance de son serviteur Sachar, et lui refuse des boissons alcooliques. Le premier jour, Albert — l’artiste — se soumet, mais il est déprimé et de mauvaise humeur. Le second jour, il jette déjà à son bienfaiteur des « regards méchants ». — « Il paraissait craindre Delessow, une violente terreur se peignait sur son visage chaque fois que leurs regards se rencontraient.... Il

1. Léon Tolstoï, Œuvres complètes, traduction allemande, t. II : Nouvelles et petits romans, lre partie.

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ne répondait pas aux questions qui lui étaient posées ». Le troisième jour enfin, Albert se révolte contre la contrainte à laquelle il se croit soumis. « Vous n’avez pas le droit de me retenir ici! », s’écrie-t-il. « Mon passeport est en règle, je ne vous ai rien volé, vous pouvez me fouiller; j'irai chez le commissaire de police ». Le serviteur Sachar cherche à le calmer. Albert devient toujours plus furieux et « crie soudainement à plein gosier : La garde! ». Delessow le laisse partir, et Albert « s’en va sans dire adieu et en marmottant constamment des paroles inintelligibles ».

Delessow a recueilli Albert parce que l’aspect de l’artiste maladivement pâle, tremblant du froid de l’hiver russe, insuffisamment vêtu, était douloureux pour lui. Quand il le vit dans sa chaude demeure, devant une table richement servie, enveloppé de sa belle robe de chambre à lui-même, Delessow fut content et satisfait de sa manière d’agir. Mais Albert fut-il content aussi? Tolstoï nous atteste qu’Albert se sentit beaucoup plus malheureux dans sa nouvelle situation que précédemment; si malheureux, que bientôt il ne put plus la supporter, et s’y arracha avec un transport de fureur. Maintenant, à qui Delessow a-t-il fait du bien? A lui, ou à Albert?

Dans ce récit, il s’agit d’un homme à l’esprit malade,, et à un homme de ce genre on doit parfois, en effet,, imposer par la force un bienfait qu’il ne peut saisir ni sentir comme tel, — cela aussi, du reste, d’une façon plus logique, plus persévérante et plus prudente que ne l’a fait Delessow. Mais dans une autre histoire du même volume : Le Journal du 'prince Necliljudow, apparait bien plus

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vivement encore et sans aucune excuse l’absurdité d’un amour du prochain qui ne se préoccupe pas des besoins réels du prochain.

Le prince Nechljudow a entendu, par une magnifique soirée de juillet, devant 1’ « Hôtel Suisse », à Lucerne, un chanteur ambulant dont les chansons l’ont profondément ému et charmé. Le chanteur est un pauvre petit diable bossu, mal habillé et à l’air famélique. A tous les balcons du somptueux hôtel s’étaient accoudés, avec leurs épouses, de riches Anglais qui avaient pris grand plaisir aux chansons du pauvre infirme; mais quand celui-ci, ôtant son chapeau, avait sollicité une petite récompense, personne ne lui avait jeté la plus légère obole. L’indignation de Nechljudow est extrême. Il est irrité au plus haut point de ce que « le chanteur a pu solliciter trois fois une charité, et que personne ne lui a donné la moindre chose; que la plupart même ont ri de lui ». Cela lui semble « un événement que les historiens de notre temps doivent inscrire en lettres de flamme inextinguibles dans le livre de l’histoire ». Il ne veut pas, pour sa part, être complice de ce crime inouï. Il court derrière le pauvre diable, le rattrape, et lui propose de boire avec lui une bouteille de vin. Le chanteur accepte. « Il y a près d’ici un petit café », dit-il, « on peut y entrer, — un petit café modeste », ajoute-t-il. « Ce mot « modeste » fit naître involontairement en moi », raconte Nechljudow dans son carnet, « l’idée de ne pas aller dans un modeste café, mais à 1’ « Hôtel Suisse », où se trouvaient les gens qui l’avaient écouté chanter. Bien qu’il refusât à plusieurs reprises, avec une timidité émue, d’aller à 1’ « Hôtel Suisse »,

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beaucoup trop distingué, disait-il, je persistai dans mon idée ».

Il conduit le chanteur dans l’hôtel distingué. La domesticité lance des regards hostiles et méprisants au vagabond misérablement habillé, bien qu’il apparaisse en compagnie de l’hôte princier. Elle leur indique « la salle de gauche réservée au peuple ». Le chanteur est très embarrassé et se souhaite à mille lieues de là, mais il n’en laisse rien voir. Le prince commande du champagne. Le chanteur boit sans réel plaisir et sans confiance. Il raconte sa vie et dit soudainement : « Je sais ce que vous voulez : me rendre ivre, pour voir comment je serai ». Les mines railleuses et effrontées des serviteurs irritent Nechljudow, qui entraîne vivement son invité dans l’élégante salle à manger de droite, destinée aux clients de marque. Il veut être servi là, et rien que là. Les Anglais présents quittent la salle, indignés, les garçons sont stupéfiés, mais n’osent pas contrecarrer le prince russe irrité ; « le chanteur faisait un visage piteusement effrayé et me pria, ne comprenant évidemment pas pourquoi j’étais en colère ni ce que je voulais, de le laisser partir aussitôt que possible ». Le petit homme était assis « à demi mort, à demi vivant », auprès du prince, et fut très heureux quand enfin Nechljudow le congédia.

Que l’on remarque avec quelle absurdité sans nom le prince Nechljudow se comporte du commencement à la fin. Il invite le chanteur à boire une bouteille de vin, quoiqu’il dût se dire, s’il possédait la moindre étincelle de bon sens, qu’un souper chaud ou, mieux encore, une pièce de cent sous, serait beaucoup plus nécessaire et utile

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au pauvre diable qu’une bouteille de vin. Le chanteur propose d’entrer dans un modeste cabaret où il se sentirait à l’aise. Le prince ne prête pas la moindre attention à ce désir naturel et raisonnable, mais traîne le malheureux dans un hôtel distingué où, avec son misérable vêtement, sous le feu croisé des regards insolents et railleurs des garçons, il se sent excessivement gêné. Peu importe au prince. Il commande du champagne, auquel le chanteur n’est pas habitué et qui lui fait si peu de plaisir, qu’il en vient à s’imaginer que son noble amphitryon veut lui jouer un tour, — le voir ivre. Nechljudow commence à se quereller avec les garçons, pénètre dans la plus riche salle de l’hôtel, met en fuite les autres clients qui ne veulent pas souper avec le chanteur des rues, et ne se soucie pas, pendant tout ce temps, des sentiments de son invité, qui est assis sur des charbons ardents, voudrait disparaître sous terre, et ne respire de nouveau que quand son terrible bienfaiteur le laisse échapper de ses griffes.

Nechljudow a-t-il pratiqué l’amour du prochain? Non. Il n’a rien fait d’agréable pour le chanteur. Il l’a torturé. Il s’est satisfait lui-même, et c’est tout. Il a voulu se venger des Anglais au cœur dur, contre lesquels il était furieux, et il l’a fait aux dépens du pauvre diable. Il regarde comme un événement inouï que les riches Anglais n’aient rien donné au chanteur; mais son procédé à l’égard de celui-ci est pire. L’exécrable lésinerie des Anglais a peut-être attristé le chanteur un quart d’heure; l’hospitalité absurde de Nechljudow l’a torturé toute une heure. Le prince n’a pas pris un seul instant la peine d’examiner ce qui serait agréable et utile au pauvre diable; il n’a

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pensé qu’à ses propres émotions, à sa colère, à son mécontentement. Ce philanthrope au cœur tendre est un dangereux et criminel égoïste.

L’amour du prochain, dépourvu de discernement, du mystique émotif, manque nécessairement son but, parce qu’il n’a pas pour point de départ la connaissance des véritables besoins de son semblable. Le mystique pratique un anthropomorphisme sentimental.il transporte sans hésitation sa propre manière de sentir sur d’autres êtres qui sentent tout différemment que lui. Il est capable de plaindre amèrement les taupes condamnées à rêver dans l’éternelle obscurité de leurs passages souterrains, et songe peutêtre, avec des larmes dans les yeux, à introduire dans ceux-ci la lumière électrique. Puisque lui, qui voit, il souffrirait atrocement dans les conditions d’existence d’une taupe, il pense que cet animal est naturellement aussi à plaindre, bien qu’il soit aveugle et n’ait donc pas à regretter la lumière. Une anecdote raconte qu’un enfant, un jour d’hiver, versa de l’eau chaude dans l’aquarium du salon, parce que les petits poissons dorés auraient eu trop froid, et il est souvent question, dans les journaux comiques, de sociétés de bienfaisance qui envoient de chauds vêtements d’hiver aux nègres de l’Équateur. C’est l’amour du prochain de Tolstoï en action.

Un point spécial de sa doctrine morale est la mortification de la chair. Tout commerce avec la femme est à ses yeux une immoralité, le mariage est aussi impur que la liaison la plus libre. La Sonate à Kreutzer est l’affirmation la plus complète et, en même temps, la plus célèbre de ces principes. Le meurtrier par jalousie, Pozdnyscheff,

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dit : « Rien d’agréable dans la lune de miel, au contraire. C’est une gêne continuelle, une honte, une humeur noire, et, par-dessus tout, un ennui, un ennui épouvantable. Je ne puis comparer cette situation qu’à celle d’un jeune homme qui veut s’habituer à fumer : il a des envies de vomir, avale sa salive, et feint quand même d’éprouver un grand plaisir. Si le cigare doit lui donner des jouissances, c’est plus tard, comme pour le mariage. Avant d’en jouir, les époux doivent d’abord s’habituer au vice.

« — Comment, au vice ? (lui objecte son interlocuteur). Mais vous parlez d’une chose naturelle, d’un instinct.

« — Une chose naturelle! un instinct! Pas le moins du monde. Je suis arrivé, permettez-moi de vous le dire, à la conviction contraire, et j’estime, moi, homme corrompu et débauché, que c’est contre nature.... C’est un acte absolument contre nature pour toute jeune fille pure, tout autant que pour un enfant 1 ».

Plus loin, Pozdnyscheff développe la théorie délirante suivante de la loi de la vie : « Le but de l’homme, comme de l’humanité entière, est le bonheur, et, pour l’atteindre, il leur a été donné une loi qu’ils doivent suivre. Cette loi consiste dans l’union des êtres qui composent l’humanité. Les passions seules empêchent cette union, et, par-dessus toutes les autres, la plus forte, la pire, l’amour sensuel, la volupté. Quand on aura réprimé les passions, et, avec toutes, la plus forte, l’amour sensuel, l’union existera alors, et l’humanité, ayant accompli son but, n’aura plus

1. Léon Tolstoï, Sonate à Kreutzer. Traduit du russe par E. Halpérine-Kaminsky. .Collection des auteurs célèbres, p. ~i2.

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de raison d’exister ». Et ses derniers mots sont : « Il faut bien saisir le sens exact de l’Évangile selon saint Mathieu, y. 28; il faut bien comprendre que cette phrase : « Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère », se rapporte aussi à la sœur et non seulement à la femme étrangère, mais aussi et surtout à sa propre femme 1 » .

Tolstoï en qui, comme dans tout dégénéré supérieur, vivent deux hommes, dont l’un remarque et juge les absurdités de l’autre, a, dans la Sonate à Kreutzer , encore le sentiment clair de la folie de sa théorie, et il fait dire par le proclamateur de celle-ci, Pozdnyscheff, qu’ « il passe pour être fou 2 ». Mais dans son Court Exposé de V Évangile, où il parle en son propre nom, il développe la même doctrine, quoique avec un peu plus de réserve. « La tentation de pécher contre le second commandement vient de ce que nous croyons que la femme est créée pour le plaisir charnel, et que, lorsqu’on laisse une femme et qu’on en prend une autre, on a plus de plaisir. Pour ne pas succomber à la tentation, il faut se souvenir que ce n’est pas la volonté du Père que l’homme ait du plaisir par le charme féminin... ». Et, dans Le Roman du Mariage, il expose également que l’homme et la femme, même s’ils s’épousent par amour, doivent, dans le mariage, devenir ennemis, et qu’il est absolument inutile de tenter une culture durable des sentiments primitifs 3.

Ce serait perdre son temps que de réfuter une théorie

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