‹ Dégénérescence (volume 2)Chapitre 48 sur 60 · Id. Ibid., p · texte numérisé non relu

Id. Ibid., p

LE TOLSTOÏSME

aborde sans hésiter la question sociale par ses côtés les plus ardus, et la tranche imperturbablement par une série d’inventions grotesques1 ». Cette philanthropie déraisonnable, non guidée par le jugement, que Tourgueneff, avec un pressentiment juste mais une désignation fausse, qualifiait d’« hystérique », n’est autre chose qu’une des formes de cette émotivité qui, pour Morel, constitue le caractère fondamental de la dégénérescence. Le fait que, pendant la dernière famine, Tolstoï a eu le bonheur de pouvoir déployer une activité des plus efficaces et des plus dévouées pour l’adoucissement de la détresse de ses compatriotes, ne peut rien changer à ce diagnostic. Le cas était simple. La détresse de ses semblables se présentait sous la forme la plus primitive : le manque de nourriture. La philanthropie pouvait également se manifester sous sa forme la plus primitive : la distribution d’aliments et de vêtements. Il n’était pas besoin, en cette circonstance, d’une vigueur particulière de jugement, d’une intelligence approfondie des besoins de ses semblables. Et si les dispositions prises par Tolstoï pour venir en aide aux malheureux ont été plus efficaces que celles des autorités, cela prouve simplement l’hébétement et l’incapacité de ces dernières.

De même, la position de Tolstoï vis-à-vis la femme, qui doit rester incompréhensible pour un esprit sain, deviendra facilement intelligible à la lumière de l'expérience clinique. Nous avons déjà répété ici, à plusieurs reprises, que l’émotivité des dégénérés a, en règle générale, une teinte

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