Poems, p
strophe qu'ils interrompent, il n’y a pas le plus petit rapport. Lés mots « Eden bower’s in flower », « And o the bower and the hour », sont alignés sans égard aucun à leur signification, simplement d’après leur, consonance. C'est un exemple surprenant de pure écholalie.
Cette particularité du langage des idiots et des aliénés, — J'écholalie, — nous la trouvons fréquemment chez Rossetti. En voici quelques échantillons : «So wet she comes to wed? » — « Si mouillée elle vient à la noce? » (Stratton water). Le son wed a appelé le son wet. Dans le poème intitulé My sister's sleep, on lit à un endroit où il est question de la lune : « The hollow halo it was in — Was like an icy crystal cup ».— « Le cercle creux dans lequel était la lune ressemblait à une coupe de cristal glacé ». Il est manifestement absurde de désigner par l’épithète « creux » une chose plane comme l’aréole de la lune; l'adjectif et le substantif s’excluent raisonnablement l’un l’autre; mais l’assonance a joint « hollow » à « halo ». Que de ces vers on rapproche encore ceux-ei : « Yet both were ours but Hours will come and go » (À new years burden), et « ForGor 17 nor, nay, but cor 1r Nor ». (Beauty).
Plusiéurs des poésies de Rossetti sont des juxtapositions |
de mots absolument incohérents, et ce sont ces radotages qui semblent naturellement les plus profonds aux lecteurs mystiques. Je voudrais en donner un seul exemple. La seconde strophe de The song of the bower porte : « Mon cœur, s'il vole vers ton berceau de verdure, qu'y trouvera-t-il qui le reconnaîtra? Là il doit tomber comme une fleur frappée par la pluie d'orage, rouge à son intérieur déchiré et assombrie par la pluie. Ah! et pourtant,
quel abri est encore versé sur lui, quelles eaux reflètent encore ses feuilles déchirées? Ton âme est l'ombre qui s'attache autour de lui, pour l'aimer, et les pleurs sont son miroir profondément enfoncé dans ton cœur ‘ ».
La particularité de semblables alignements de mots est que chaque mot isolé a par lui-même un sens émotionnel (comme cœur, verdure, fuir, tomber, fleur, déchiré, sombre, aimer, pleurs, etc.), et qu'ils se suivent dans un rythme berçant et avec des rimes qui flattent l'oreille. Ils éveillent en conséquence facilement chez le lecteur émotif et inattentif une émotion générale, comme fait aussi une série de notes musicales sur le mode mineur, et le lecteur s’imagine comprendre la strophe, tandis qu’en fait il interprète seulement sa propre émotion d'après son degré de culture, son caractère et ses réminiscences de lectures.
Outre Dante-Gabriel Rossetti, on range habituellement parmi les poètes préraphaélites Swinburne et Morris. Mais la ressemblance de ces deux poètes avec le chef de l’école est pourtant éloignée. Swinburne est un « dégénéré supérieur » dans le sens de Magnan, tandis que Rossetti doit être rangé parmi les « imbéciles » de Sollier. Swinburne n’est pas aussi émotif que Rossetti, mais il est intellectuel-
lement à un niveau beaucoup plus élevé que celui-ci. Ses ‘idées sont fausses et fréquemment délirantes, mais il a