Le Pèlerin passionné, p. 21 et
il étale une enflure oratoire qui rappelle les plus inférieures productions de notre Hofmann de Hofmannswaldau. Un seul exemple de ce genre *, et nous en aurons fini avec Jean Moréas.
J'ai tellement soif, à mon amour, de ta bouche,
Que j'y boirais en baisers le cours détourné
Du Strymon, l’Araxe et le Tanaïs farouche ;
Et les cent méandres qui arrosent Pitané,
Et l’Hermus qui prend sa source où le soleil se couche,
Et toutes les claires fontaines dont abonde Gaza, Sans que ma soif s’en apaisât.
Derrière les chefs Verlaine, Mallarmé et Moréas, se presse la tourbe des petits symbolistes, dont chacun, il est vrai, se tient pour le seul grand poète de la bande, mais auxquels leur. manie des grandeurs n’a pas encore donné de droits suffisants à ce qu’on s’occupe spécialement d’éux. On leur rendra toute la justice qui leur est due, en caractérisant leur nature d’esprit par la citation de quelques-uns de leurs vers. Jules Laforgue, qui « est comme l'unique, non point dans cette génération, mais dans la littérature », s’écrie :
Ah! que la vie est quotidienne !
et dans son poème Pan et la Syrinx, nous rencontrons des « vers » comme les suivants :
O Syrinx! Voyez et comprenez la Terre et la merveille de cette [matinée et la circulation de la vie.
Oh, vous là! et moi, ici! Oh, vous! Oh, moi! Tout est dans Tout!
Gustave Kahn, un des théoriciens et philosophes du symbolisme, chante ainsi dans sa Vuit sur la Lande :