‹ Dégénerescence (volume 3)Chapitre 9 sur 57 · Legrain, op. cit; p. 24 et · texte numérisé non relu

Legrain, op. cit; p. 24 et

broso, « la qualité dominante chez eux sera la couleur, ce seront des décoratifs. S'ils sont poètes, ils auront la rime très riche, la forme brillante, quelquefois ce seront des décadents ‘

Ainsi sont bâtis les mieux doués de ceux qui, en art et en littérature, trouvent les nouveaux sentiers, et que des disciples enthousiastes acclament comme guides vers la terre promise de l'avenir. Parmi eux prédominent les dégénérés ou mattoïdes. A la foule, au contraire, qui les admire et jure par eux, qui imite les modes qu'ils ont imaginées et se plait aux étrangetés décrites dans le chapitre précédent, s'applique avant tout le second des diagnostics établis plus haut : chez elle nous avons principalement affaire à l'hystérie et à la neurasthénie.

Pour des raisons que nous éclaircirons dans le chapitre suivant, l’hystérie a été jusqu'ici moins étudiée en Allemagne qu'en France, le pays où l’on s’est occupé d'elle le plus sérieusement. Ce que nous en savons, nous le devons presque exclusivement aux maîtres français. Les grands traités d’Axenfeld ?, de Richer *, et particulièrement de Gilles de la Tourette “, résument d’une manière complète notre connaissance actuelle de cette maladie, et c’est sur eux que je m’appuyerai en énumérant les traits caractéristiques de l’hystérie.

1. Lombroso, Nouvelles recherches de psychiatrie et d'anthropologie criminelle. Paris, 1892, p. 74.

2. Axenfeld, Des névroses. 2° édition, revue et complétée par le Dr Huchard. Paris, 1879.

3. Paul Richer, Études cliniques sur l’hystéro-épilepsie ou grande hystérie. Paris, 1891. |

4. Gilles de la Tourette, Trailé rs ae et thérapeutique de l'hystérie. Paris, 1891.

Chez les hystériques, — et: il ne faut pas croire que ceux-ci se trouvent exclusivement ou seulement même en plus grand nombre dans le sexe féminin, ils se rencontrent chez les hommes aussi fréquemment et peut-être plus fréquemment encore que chez les femmes *, — chez les hystériques comme chez les dégénérés, ce qui frappe avant tout, c’est une émotivité extraordinaire. « C’est bien plutôt l’impressionnabilité extrême des centres psychiques », dit M. Henri Colin, « qui constitue le caractère fondamental des hystériques... Les hystériques sont avant tout des sensitifs ? ». Cette première propriété en engendre une autre, non moins frappante et importante : l’excessive facilité avec laquelle ils peuvent être soumis à la suggestion *. Les anciens observateurs ont toujours parlé de l'habitude illimitée du mensonge des hystériques, se sont même indignés contre elle, et en ont fait la marque par excellence de leur condition mentale. En cela ils ont commis une erreur. L'hystérique ne ment pas consciemment. Il croit à la vérité de ses fantaisies les plus folles. La mobilité maladive de son esprit, l’excitabilité exagérée de son imagination amènent à sa conscience toutes sortes d’aperceptions étranges et absurdes ; il se suggère à lui-même que ces aperceptions reposent sur des perceptions réelles, et il croit à la vérité de ses folles fantaisies jusqu’à ce qu’une suggestion nouvelle, soit propre, soit émanant d’un tiers, ait chassé la précédente. Une conséquence de la disposition de l’hystérique à la suggestion, c'est sa manie irrésistible de

1. Paul Michaut, Contribution à l'étude des manifestations de l'hysltérie chez l’homme. Paris, 1890.

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