MARS RS
Les métrorragies, rares dans les fibromes utérins pédiculés et les fibromes du ligament large, le sont également dans la tumeur ovarienne. La mobilité s'observe dans les deux cas, mais l’état général est plus fréquemment atteint dans les fibromes de l'ovaire. L'ascite, par contre, est un signe de grande valeur. Elle n’existe pas dans les fibromes ulérins.
Dans les cas douteux où l’ascite sera absente, où l’état général sera resté bon, l'hystérométrie est appelée à rendre de grands services, en montrant que lorsque la tumeur appartient à l'ovaire. la cavité utérine conserve des dimensions normales. Mais une erreur est possible lorsque l’utérus est attiré en haut par la tumeur ovarienne, et est allongé, de ce fait, de plusieurs centimètres. M. Picqué, dans les cas douteux, attache une grande importance à l'augmentation progressive etrapide de la tumeur :
« Ce symptôme, écrit-il, est réellement caractéristique, surtout si on observe la malade à une période voisine de la ménopause. Il existe dans toutes les variétés de tumeurs ovariennes solides, y compris le fibrome » (1).
Un kyste de l’ovaire peut être confondu avec une tumeur fibreuse, surtout lorsque celle-ci, creusée de kystes, donne une sensation de mollesse, de pseudo-fluctuation.
Cette erreur ne se produira pas, quand la tumeur solide sera franchement bosselée, comme cela arrive dans la majorité des cas.
Le cancer se distingue par son évolution rapide, sa ca-
chexie précoce, son ascite hématique.
(1j Picqué. Semaine gynécologique, 1896.
CO
BEUYART
Quant au fibrome et au sarcome. ils ont bien des points communs.
« Le fibrome, écrit Dartigues {1), se découvre fortuitement, se caractérise par sa plus langue période de latence, par l’absence d'ascite au début et, en tout cas, la moindre fréquence de celle ci dans le cours de l’évolution complète. L’on sait que certains auteurs, Léopold, Olshausen, Cornil, etc., sont catégoriques à ce sujet : Jamais l’ascite n'accompagne le fibrome de lovaire ; c'est pour eux un signe pathognomonique. Le fibrome est une tumeur indolente. Avec lui, on ne constate pas le ballottement abdominal, car l’ascite parait nécessaire pour donner ce signe. La consistance du librome est très dure, uniformément ligneuse. Il a peut-être souvent une configuration extérieure lisse plutôt que bosselée. La lobulation du fibrome est à tort considérée par certains comme un signe pathognomonique. Sa mobilité et son indépendance de l'utérus sont plus fréquentes et plus accusées, du moins à une phase pas trop avancée, que dans les tumeurs malignes. Les complications sont les mêmes que celles des néaplasmes de même nature, mais on n’a jamais observé la généralisation, les métastases ganglionnaires ou viscérales, ni les accidents secondaires, mais terminaux, de la thrombose cachectique avec embolie, de la pleurésie, de la péricardite, etc. En somme, ce qui mérite le plus d’être retenu, cest l'intégrité presque parfaite longtemps de l’état général, c’est le peu de réaction qu'il détermine et la lenteur de son évolution. La santé n’est nullement altérée : le
(1) Dartigues. Loco citato.
visage conserve son teint habituel, les forces sont conservées etil ny a pas d’amaigrissement notable. » Etudiant ensuite le sareome, Darligues écrit encore : « Dans le sarcome. la phase de latence est plus abrégée, l’ascite est plus ordinaire et peul surtout s’observer de plus bonne heure ; sa constance n'est pas caractéristique, elle peut manquer totalement. Le début peut être marqué par un amaigrissement, non très prononcé, mais précoce el lentement progressif.
« La consistance du sarcome n'est peut-être pas aussi ferme que celle du fibrome, on n'a pas la sensation de
lignosité. Sa surface extérieure est plus souvent bosselée
elirrégulière, non lisse, comme le veulent quelques au-
teurs qui voient dans ce signe une valeur de premier ordre.
« La généralisation, les métastases et la récidive sont cependant rares. De plus, l'augmentation progressive, et surtout par à-coups, ainsi que la bilatéralité de la tumeur, sont en faveur du sarcome. Beaucoup plus rarement que dans le fibrome, la menstruation reste régulière et normale. La suppression des règles s'observe dans le quart des cas. La disparition de la mobilité et lenclavement sont des phénomènes plus hâtifs ; mais les troubles de compression vasculaire ou viscérale, ainsi que l'atteinte de l'état général, tout en se manifestant plus précocement que dans le fibrome, sont encore des phénomènes assez tardifs. »
S'il est difficile de distinguer un fibrome d'un särcome, à plus forte raison est-il difficile de distinguer un fibrome
vrai d’un fibrome sarcomateux.
Nous ne reprendrons pas ici la discussion des symptomes, mais nous répéterons: que l’ascite, moins rare que ne le dit Dartigues dans le fibrome de l'ovaire, et souvent précoce, n'a aucune valeur comme signe différentiel ;
Que les phénomènes menstruels n'ont pas plus de valeur :
Que les æœdèmes se rencontrent dans les tumeurs bénignes, dans les tumeurs malignes et dans les tumeurs en voie de le devenir : à
Que la forme extérieure n’a pas plus d'importance, mais que nous croyons, à l'inverse de Dartigues, que le fibrome est plus souvent bosselé et irrégulier que le sarcome :
Qu'enfin, les adhérences, l'immobilité de la tumeur existent dans toutes les tumeurs solides de lovaire et qu'il n'y faut point voir un signe de dégénérescence maligne.
Peut-être pourrait-on penser que l'augmentation brusque et progressive d'une tumeur que l'on avait vue stationnaire pendant des mois ou des années, doit attirer l'attention du
côté de la dégénérescence sarcomateuse.