‹ Dégénérescence, Volume 1Chapitre 53 sur 60 · Edouard Hanslick, op, cit,, p · texte numérisé non relu

Edouard Hanslick, op, cit,, p

musical ne se distinguant pas par le < chantées, comme dans Tancien opéra (I Anna et Zerline, Max et Gaspard), mais Içs autres par le pathos physionomiq tente de remplacer cette caractéristic Torchestre ».

360 LE MYSTiaSHE

n'est possible après lui, que la « déclamation musicale » est Tunique voie dans laquelle Tart musical puisse encore se développer. Il se peut que, après Beethoven, la musique instrumentale ne fasse plus de progrès pendant de longues années ou pendant des siècles. C'était un si immense génie musical, qu'il est en effet difficile de se figurer comment on pourra le dépasser, ou seulement Tatteindre. Léonard de Vinci, Shakespeare, Cervantes, Gœthe, produisent une impression semblable. Et en effet ces génies, jusqu'ici, n'ont pas été surpassés. Il est imaginable aussi qu'il y a des bornes qu'un art donné est incapable de franchir, de sorte qu'un très grand génie dit le dernier mot de cet art, et qu'après lui nul progrès n'est plus possible. Mais, en ce cas, l'ambitieux doit dire humblement : « Je sais que je ne puis faire mieux que le maître suprême de mon art; je me contente donc de travailler en épigone, à l'ombre de sa grandeur, satisfait si mon œuvre exprime quelques particularités de ma personnalité ». Il ne doit pas affirmer avec arrogance : « Prétendre lutter avec le vol d'aigle du colosse, cela n'a aucun sens; le progrès ne réside plus maintenant que dans mon battement d'ailes de chauve-souris ».

C'est exactement là ce que fait Wagner. N'étant pas particulièrement doué pour la musique instrumentale pure, comme le prouvent assez ses rares travaux symphoniques, il décrète sur le ton de l'infaillibilité : « La musique instrumentale est finie avec Beethoven. Prétendre glaner sur ce champ complètement brouté, c'est une aberration. L'avenir de la musique réside dans l'accompagnement de la parole, et la voie de cet avenir, c'est moi qui vous l'indique ».

Ici Wagner se fait simplement une vertu de sa pauvreté et un titre de gloire de sa faiblesse. L est la plus haute différenciation de l'art mi en elle que celui-ci a le plus complètement parenté primitive avec la parole, et est parve grande indépendance. La symphonie est doi musique peut produire de plus musical. La c'est désavouer la musique comme art indépei férencié. Mettre au-dessus d'elle la musique co pagnatrice du mot, c'est assigner à la serva plus élevé qu'à la maîtresse. Il ne viend d'aucun compositeur véritablement musicien ( et de pensée, de chercher, pour rendre ce dans son âme, des mots au lieu de thèmes i cette idée en effet lui vient, cela prouvera que, dans son essence intime, il est poète ou non musicien. Il ne faudrait pas alléguer contr de cette thèse les chœurs de la neuvième symp ce cas-là, Beethoven fut maîtrisé par une émo et si univoque, que le caractère plus général ( voque de l'expression musicale pure ne put h qu'il dut de toute nécessité appeler le mot à î Dans la légende biblique, d'un sens si profond, de Balaam acquiert la parole quand il a quelq précis à dire. L'émotion qui devient nettemen de son contenu et de son but cesse d'être une tion et se transforme en aperception, en idée ment qui, eux, ne s'expriment pas en musiqi langage articulé. Si maintenant Wagner metta cipe, la musique accompagnant la parole au-c

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istrumentale pure, et cela non comme moyen )n des idées, — car, à ce sujet, il ne peut j site d'opinion, — mais comme forme musicale t dite, cela prouverait simplement que, dans le 3 de sa nature, en vertu de sa disposition orga- *a pas été un musicien, mais un mélange confus balbutiant et de peintre paresseux, mêlant à n accompagnement de gamelang javanais. C'est la plupart des dégénérés supérieurs, avec cette que les fragments constitutifs de leur talent rangement entremêlés, ne sont pas aussi forts ands que chez lui.

xeaux de musique les plus remarquables de lelui du Vénusberg, le mi-bémol-sol-si-bémol Ja-Weia » cent trente-six fois répété des Filles la chevauchée des Valkyries, l'incantation du î de la forêt, Tidylle de Siegfried, le miracle di- saint, — morceaux magnifiques à bon rés, — montrent précisément tout ce qu'il y msical dans le génie de Wagner. Tous ce& ont ceci de commun, qu'ils peignent. Ils ne pas une émotion intérieure jaillissant de l'âme de sons, mais la vision psychique d'un œil de ûial, vision que Wagner, avec une puissance 3, mais une gigantesque aberration, s'efforce i sons, au lieu de la fixer en lignes et en couittache à des sons ou bruits naturels, qu'il imite t ou dont il éveille la représentation ,par Tasridées, — et reproduit lé bruissement des murmure des cimes des arbres et le chant

des oiseaux des bois, acoustiques en eux-mêmes, ou,

par un parallélisme acoustique,

des mouvements de la danse d

riantes, du galop des chevaux

du flamboiement et du sautillem

créations ne sont pas nées d'en

été provoquées par les imprei

rielles ; elles ne sont pas la man

mais un reflet, c'est-à-dire, par (

d'essentiellement optique. Je c

musique de Wagner, là où elle

des poissons volants. C'est un s

lant et pourtant quelque chose (

de l'élément naturel dans un él

tout quelque chose d'absolumi

servir d'exemple ni aux poisso

maux.

Wagner a très clairement sent rien asseoir de plus sur le fond d II se plaint en effet, au sujet de qui auraient volontiers fondé un( jeunes compositeurs se donnen l'imiter d'une façon déraisonnab

Ce prétendu musicien de 1'^ points, comme nous l'a montn musicien d'un passé très reculé talent indiquent la route non ve:

vers les temps depuis longtempi

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