LES PARODIES D
revenus ! Je vais les chasser. (//
vous-en ! allez-vous-en !
Maleine. — Il y en a un qui u Hjalmar. — Où est-il?
Maleine. — Sur le saule pleur Hjalmar. — Allez-vous-en I Maleine. — 11 ne s'en va pas!
Hjalmar. — Allez-vous-en I al
la terre), Maleine. — Oh ! vous avez jet Hjalmar. — J'ai jeté de la ten Maleine. — Oui, elle est retor Hjalmar. — Oh, ma pauvre U Maleine. — J'ai peur!
Hjalmar. — Vous avez peur a Maleine. — U y a là des flamr Hjalmar. — Ce n'est rien; —
très chaud aujourd'hui.
Maleine. — J'ai peur! Oh, <
autour de nous?
Hjalmar. — Ce n'est rien;
petite taupe qui travaille.
(La taupe i'Hamlet/ Saluoi
Maleine. — J'ai peur!...
Et après quelques autres ph
Hjalmar. — A quoi songez-voi Maleine. — Je suis triste !
Hjalmar. — Vous êtes triste? - Maleine. — Je songe à la prin Hjalmar. — Vous dites?
Maleine. — Je songe à la prin< Hjalmar. — Vous connaissez li Maleine. — Je suis la princess Hjalmar — Quoi?
s MYSTICISME
princesse Maleine.
îs pas Uglyane?
princesse Maleine.
la princesse Maleine! Vous êtes la le est morte !
princesse Maleine.
is n'importe quelle œuvre poétique liots plus accomplis? Ces « ah! » et ne rien comprendre aux remarques répétition quadruple ou quintuple s stupides, donnent un tableau es d un incurable crétinisme. Ce droits que louent le plus les admi- Suivant eux, tout cela est fait dans listique. Un lecteur sain n'en croira stupides de Maeterlinck ne disent rien à dire. Leur créateur n'a pu ée dans leurs crânes vides, parce is une seule. Ce ne sont pas des et parlant qui s'agitent dans sa ou des limaces considérablement es savantes que Ton montre dans
pas rêvasserie pseudo-shakespea- X Maleine. Les « sept béguines », nnent à Maeterlinck. C'est une lit le temps on les voit évoluer en la pièce, serpenter en psalmodiant ibres et tous les corridors du châc, la forêt, tournant à rimprovisle
le coin au milieu des scènes, entrant a" e^alnn Riirla sr.^.np..
sortant de Tautre côté, sans que l'oi
d'où elles viennent, où elles vont, pou
à travers le théâtre. Elles sont une o
se môle irrépressiblement à tous les ii
Nous retrouvons du reste ici tous les
nous avons remarqués dans Serres cl
Maleine elle-même est Tincarnation
mées, malades, errantes par les prairî
dans ses poésies et ont incontestablei
Fille du Roij de la ballade de Swinbu
jouent leur rôle (P. 27 : « Et son
tout à coup comme dans un grand cî
(P. 110 : « Nous avons été voir les m
du canal »), et de malades et de mala
presque à chaque page (P. 110 :
malade moi aussi. Le roi. — Tout le i
arrivant ici. Hjalmâr. — Il y a beau
village ».)
Outre La princesse Maleine, Mael ques autres pièces. L'une, L'Intruse, la mort pénètre vers minuit dans une une femme gravement malade, qu'el d'un pas que Ton entend, coupe d quelques brins du gazon devant That s'exercer, puis frappe à la porte, ei ne veut pas lui ouvrir, et enlève s seconde, Les Aveugles, on nous nombre de pensionnaires d'un asile d une forêt par un vieux prêtre. Celui-
un son. Les aveugles, d'abord, ne s'aper- . Enfin ils s'inquiètent, tâtent autour d'eux, iavre déjà froid, établissent, par des queses, que le défunt était leur guide, et attens le plus terrible désespoir, la mort par la id. Car cette belle histoire se déroule au e sauvage située haut dans le Nord ; entre le il y à une rivière impossible à traverser 1 pont que les aveugles ne peuvent trouver jn guide qui voit. Que dans l'asile, où il y a î mentionne expressément — des sœurs ne remarque pas le long attardement de jles et qu'on n'envoie personne à leur jt ce que ni Maeterlinck ni aucun de ses olables n'admet comme possible. Le lecteur je suppose, que je perde mon temps à isurdité du point de départ de ces deux 3, après ces échantillons, je raconte et i deux autres pièces de l'auteur, Les es (sept! naturellement!) et Pelléas et
été traduite en beaucoup de langues et ns plusieurs villes. A Vienne, on a ri de Paris et à Londres, on a secoué la tète. A m public d'appréciateurs de la poésie de t été ému, charmé, enthousiasmé. C'est là i caractéristique pour l'hystérie de l'époque e-même.
Qt curieuse et instructive aussi est l'histoire de Maeterlinck. Ce triste infirme intellectuel
végétait depuis des années dans son coin à Gand, sans que même les symbolistes belges, qui dament encore le pion aux symbolistes français, lui prêtassent la plus légère attention; quant au grand public, personne ne soupçonnait son existence. Voilà qu'un beau jour, en 1890, ses écrits tombèrent par hasard sous la main de Texcellent romancier français Octave Mirbeau. Il les lut, et soit qu'il voulût se moquer, en grand style, de ses contemporains, soit qu'il obéit à quelque impulsion maladive, il publia dans Le Figaro un article d'une exubérance inouïe, où il présentait Maeterlinck comme le poète le plus radieux, le plus sublime, le plus émouvant que les trois derniers siècles eussent produit, et lui assignait une place à côté et même au-dessus de Shakespeare. Et alors le monde fut témoin d'un des exemples de suggestion les plus extraordinaires et les plus probants. Les cent mille lecteurs riches et cultivés auxquels s'adresse Le Figaro adoptèrent immédiatement la manière de voir que leur avait impérieusement imposée Mirbeau. Ils virent tout de suite Maeterlinck avec l'œil de Mirbeau. Ils trouvèrent en lui toutes les beautés que Mirbeau affirmait y trouver. Ce fut la répétition trait pour trait du conte d'Andersen relatif aux habits invisibles du roi. Ils n'existaient pas, mais toute la cour les voyait. Les uns s'imaginaient réellement voir ces superbes habits absents, les autres ne les voyaient pas, mais se frottaient les yeux jusqu'à ce qu'ils en vinssent du moins à douter s'ils les voyaient ou non; d'autres enfin ne parvenaient pas à s'en faire accroire à eux-mêmes, mais n'osaient pas contredire les autres. C'est ainsi que, par la grâce de Mirbeau, Maeterlinck devint en un tour de main
LE MYSnaSME
;e, un poète de 1' « avenir ». Mirbeau avait des citations qui pouvaient complètement lecteur non hystérique, non irrésistiblement gestion, pour voir en Maeterlinck ce qu'il est un pasticheur débile d'esprit; mais préciitations arrachèrent au public du Figaro miration, car Mirbeau les avait indiquées eaulés de premier ordre, et Ton sait qu'une périeuse suffit à faire manger à des hypnomes de terre crues comme autant d'oranges, vaincre qu'ils sont des chiens ou d'autres
a bientôt en tous lieux des apôtres pour pliquer, célébrer le nouveau maître. Parmi » de la critique, qui mettent leur orgueil à )remiers, voire même à pressentir, — qu'il couleur et de la forme des cravates ou des 3 littéraires, — les toutes dernières modes, la lain, parmi ces « gigolos » critiques se livra lutte d'émulation à qui surpasserait l'autre ;ation de Maeterlinck, avec ce résultat que, gestion de Mirbeau, il y a eu dix éditions de Maleine et que ses Aveugles et son Intruse sentes en différents endroits, lissons maintenant les différentes formes sous nysticisme de la dégénérescence se manifeste ature contemporaine. La magie d'un Guaita s, l'androgynie d'un Péladan, l'anxiomanie , le radotage idiot d'un Maeterlinck, peuvent comme ses aberrations culminantes. Je ne
LES PARODIES DU MYSl
puis du moins imaginer qu'il serait pi de dépasser, même de Tépaisseur d'u extrêmes, sans que les hystériques, snobs de modernité encore un pp^i cf ment reconnussent eux-mêmes dans profond et complet enténébrement int