SCENE VIL
DEÏDAMIA, THOÉ, ZEUXO, PERSEIS, LYCOMEDE, ACHILLE.
Dès que la déesse s'est éloignée, et tandis que Deïdamia, qui reste à l'écart avec son père, admire le fils de Thétis, ses sœurs s'empressent autour d'Achille déguisé, avec une curiosité enfantine, et le pressent de questions, auxquelles le héros, distrait et toujours occupé de Deïdamia, ne répond que par des signes d'impatience.
DEÏDAMIA, bas A Lycomède.
Que cette sœur d'Achille a de beaux yeux ! Je tremble En la regardant. Si son frère lui ressemble En effet, qu'elle aura des jours charmants et doux, La vierge qui pourra le nommer son époux !
ZEUXO, regardant Achille.
Iphis !
PERSÉIS, à ses sœurs.
Mes sœurs, elle a le port d'une guerrière.
ZEUXO.
Tout à fait.
iB DEIDAMIA.
THOÉ, à Achille.
L'arc en main courir dans la clairière Parmi les rocs, livrer ton visage à l'affront De l'âpre vent d'hiver qui te rougit le front, C'est donc un passe-temps bien doux ?
PERSÉIS, à Achille.
Pas de réponse )
ZEUXO.
Et livrer tes bras nus aux griffes de la ronce Te ravit )
THOE.
Et meurtrir parmi les pics neigeux Tes pieds blancs ?
ZEUXO.
Nous pourrons Renseigner d'autres jeux.
PERSÉIS.
Comme nous tu tiendras, Iphis, une quenouille.
THOÉ.
Et garde que la laine en filant ne s'embrouille.
ZEUXO.
Tu pourras, sous tes doigts mariant les couleurs, Tisser une tunique où vivent mille fleurs.