‹ DeïdamiaChapitre 16 sur 49 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

DEÏDAMIA, ACHILLE.

Et maintenant, veux-tu? pardonne-leur.

Iphis, mes jeunes sœurs ont des têtes frivoles, Mais ne te souviens pas de leurs vaines paroles. Sois bonne. Je sais bien qu'elles n'auraient pas dû Te quereller ainsi.

ACHILLE

Je n'ai pas entendu

DE1DAMIA.

Ce qu'elles disaient ! car de leurs lèvres vermeilles Tandis que s'enfuyaient ces murmures d'abeilles, Comme de gais oiseaux voltigent sans effroi, O Deïdamia, je ne voyais que toi!

J'admirais tes yeux fiers et ta candeur insigne, Ton col flexible et pur comme celui d'un cygne, Et ces lèvres en fleur, douces quand tu le veux, Belle nymphe, et le lourd trésor de tes cheveux Qu'éparpille le vent caressant et rebelle !

Quoi! chère âme, est-il vrai que tu me trouves belle?

ACHILLE

Plus qu'Aphrodite au sein mystérieux des flots, De la mer amoureuse apaisant les sanglots, Et brillant sous l'azur comme un astre sans voiles ! Plus que la Nuit au front environné d'étoiles !

DEÏDAMIA, s'asscyant.

Et toi, n'es-tu pas belle aussi ! Le sang divin Dans tes veines d'azur ne coule pas en vain, Et, comme le rayon qui ride l'onde obscure, La grâce de Thétis rit dans ta chevelure, Qui sur ton cou bruni déroule ses flots d'or !

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