‹ DeïdamiaChapitre 17 sur 49 · ACTE I, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII

ACHILLE , . amoureusement.

Viens ici. Plus près encor.

Je veux baiser ce fronc de guerrière indocile, Iphis !

Achille s'agenouille devant Deïdamia qui le baise au front. ACHILLE se relevant. — Avec transport.

Je ne suis pas Iphis ! Je suis Achille !

Dieux !

ACHILLE

Oui, je suis ce chef choisi par le destin Pour abattre Ilios, et qui, dès le matin De ma vie, entouré de mille funérailles, Dois tomber dans ses champs et devant ses murailles. Pour éloigner ce jour qui cause son souci, Ma mère près de toi vint me cacher ainsi, Et certes j'aurais fait des choses encor pires Pour vivre, fût-ce un jour, dans l'air que tu respires ! Mais à présent que sous le ciel, pour m'embraser Ta rouge lèvre a mis sur mon front ce baiser, Je courrai vers la Mort pourprée, altéré d'elle !

a* D El D AMI A.

Car quel rêve atteignant les astres d'un coup d'aile. Vaudrait pour moi l'instant céleste où dans ce lieu, Ta bouche avec son souffle adoré m'a fait dieu ! Oh ! que les Lyciens, que tous les Priamides Viennent, précipitant leurs pas de sang humides, Et que je voie autour de mon front souverain Le grand vol furieux des javelots d'airain ! Qu'un tas de guerriers morts devant moi s'épaississe, Et tombant à mon tour, que la Moire obscurcisse Mes yeux, dans ce tumulte et parmi ces rumeurs !

DE 1D AMI A, défaillante, avec amour.

Ne parle pas ainsi, car si tu meurs, je meurs.

ACHILLE^ transporté de joie.

Qu'en tends- je !

A l'heure même où nous nous rencontrâmes , Le même trait de flamme a brûlé nos deux âmes.

Oh ! s'il en est ainsi, vers les sanglants périls Je marcherai, plus fier que les Dieux, dussent-ils Eblouir de leurs feux mes yeux visionnaires, Et faire sur mes pas éclater leurs tonnerres ! O Deïdamia, chaste fille de roi !

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