‹ DeïdamiaChapitre 18 sur 49 · ACTE I, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII

Je sens bondir d'amour ec bouillonner vers coi, Dont le regard d'argent ressemble aux nuits sereines, Chaque goutte du sang qui frémit dans mes veines !

Voyant que Deïdamia s'incline, pâle et languissante.

Mais qu'as-tu } sur tes yeux tremblants et demi-clos Passe un voile, ta lèvre étouffe des sanglots, Et fait voir, douce fleur que la pourpre déserte, La pâleur de la mort sur ta bouche entr'ouverte !

A ce moment, Lycomède sort du palais, s'arrête au fond de la scène, et sans être vu, assiste à l'entretien de Deïdamia et d'Achille.

DElDAMIAj avec mélancolie.

Heureux les époux rois assis dans leur maison, Qui voient tranquillement s'enfuir chaque saison, L'époux tenant son sceptre, environné de gloire, Et l'épouse filant sa quenouille d'ivoire ! Mais le jeune héros qui, le glaive à son flanc, Court dans le noir combat, les mains teintes de sang, Laisse sa femme en pleurs dans sa haute demeure.

ACHILLE

Les Dieux ne voudront pas sans doute que je meure Si tu m'aimes! L'amour est plus fort que la mort.

Hélas ! rien ne prévaut contre l'arrêt du sort. Mais, si Fombre déjà baigne ta chevelure

Et si tu dois tomber sous une flèche obscure, —

Esclave du destin qui te sacrifia,

Laisse, laisse du moins ta Deïdamia

Qui sera veuve, hélas ! avant que d'être épouse,

Te prendre quelques jours à l'amante jalouse

Vers laquelle tu cours au rivage Tro'ien !

O Deïdamia ! tête chérie ! — Eh bien,

Viens d'abord nous jeter aux genoux de ton père !

Que sa pitié m'accueille, ainsi que je l'espère,

Chère âme, ou qu'il me faille, errant, porter mes pas

Loin de ton île heureuse, il ne me convient pas

D'abuser ce héros divin par quelque ruse.

Que sa bouche, d'ailleurs, me condamne ou m'excuse,

Il me tarde, en mon cœur, de quitter promptement

Ces parures d'emprunt et ce déguisement.

Allons donc sans retard, car ce souci me presse,

Supplier le Roi !

LYCOMÈDE, s'avançant, à Achille.

Sage enfant d'une déesse, Le Roi vous entend.

DEÏDAMIA, tombant aux pieds Je LycomcJc.

Sois secourable pour nous,

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