ACTE II, SCÈNE II
DIOMÈDE, bas à Ulysse.
Eh bien! devines-tu la ruse de ce traître?
ULYSSE, bas à Diomède.
Patience !
LYCOMÈDE
Mon or, mes guerriers et mes nefs Sont à vous. Recevez ces dons, illustres chefs, Et que Zeus tout-puissant, pour le reste vous aide !
ULYSSE
Oui, ton offre a charmé nos cœurs, ô Lycomède, Et nous partirons, fiers de tes riches présents.
Des servantes de Lycomède sortent du palais, apportant un granl cratère plein de vin, et des coupes, qu'elles posent sur la table de pierre. Puis elles remplissent les coupes et se retirent.
DIOMEDE, à Lycomède.
Mais ne verrons-nous pas l'espoir de tes vieux ans, Tes filles ? car on dit que ces jeunes princesses, Dont la beauté ressemble à celle des déesses, Ordonnent ta demeure avec un soin jaloux.
LYCOMÈDE
Certes, elles verront des héros tels que vous. Mais faites-moi d'abord cette faveur insigne De boire le doux vin récolté dans ma vigne,
En invoquant les Dieux heureux du ciel.
Prenant une coupe.
Zeus roi !
DIOMÈDE, de même.
Hermès !
LYCOMEDE.
Phébos donc l'arc doré lance FefFroi, Et dont nul meurtrier n'évite la vengeance!
ULYSSE, de même.
P allas, clarté du ciel et de l'intelligence !
LYCOMEDE.
Que leur force vous garde exempts de tout souci, O mes chers hôtes, rois vénérés !
Après avoir fait les libations, Lycomède et ses hôtes boivent le vin resté dans leurs coupes, puis les remettent sur la table.
Mais voici Mes filles.
Les Princesses paraissent et s'avancent vers leur père, ayant au milieu d'elles Achille, toujours déguisé.