ACTE II, SCEN E III
ULYSSE, bas à Diomède.
Allons, c'est à présent qu'il faut tendre le piège.. Je veux que cet Achille introuvable, s'il est Parmi les vierges, reste aux mailles du filet. Mais, ami, parle-leur d'abord, je tends mes toiles.
DIOMÈDE, aux Princesses et à Achille qui se sont approchés.
Comme on voit dans les cieux un groupe clair d'étoiles Illuminant le front sinistre de la Nuit, De même une lueur vous précède et vous suit, Princesses, et vos fronts ont des clartés d'aurore. -
O rois, vos noms partout fameux, qui les ignore? Ulysse et Diomède, illustres, sans rivaux, Encor pleins de jeunesse, ont fait mille travaux Dont Hellas est l'ardente et fière spectatrice. La déesse aux yeux clairs, Pallas dévastatrice Dans les combats sanglants vous mène par la main. Puisse-t-elle bientôt, vous ouvrant un chemin Vers les murs d'Ilios, en faire votre proie!
U LY S S E , d'un ton affligé .
Vœux stériles!
LYCOMÈDE
Comment }
ULYSSE
Dompter la grande Troie, Nourrice de chevaux ! Fou qui l'espère encor !
LYCOMÈDE, de plus en plus surpris.
Pourquoi donc?
ULYSSE
Les Troïens ont pour leur chef Hector.
LYCOMÈDE
Eh bien?
ULYSSE
Qui veut combattre Hector, court à sa perte.
LYCOMEDE, indigné.
L'ai-je bien entendu ! C'est le fils de Laërte Qui nous parle ainsi !
ULYSSE
Roi, comment le vaincre, lui Cet invincible? Ainsi dans le ciel ébloui La foudre éclate, et sur les collines prochaines L'ouragan furieux déracine les chênes, Tel le farouche Hector envoie au fleuve noir Les guerriers et les chefs.