ACTE II, SCÈNE III
Il prend ses javelocs et vise à la cuirasse.
Brandissant la quenouille comme une arme.
« Tiens, dit-il, déchiré par l'airain qui te mord, Sens tomber sur tes yeux les ombres de la mort ! Tombe, victime offerte à la gloire d'Hélène ! Meurs! »
DIOMÈDE, bas à Ulysse.
Par les Dieux ! avec sa quenouille et sa laine, C'est Achille !
ACHILLE, continuant.
« Meurs donc sous le soleil qui fuit, Et les chiens affamés viendront pendant la nuit~ E t te déchireront sous les murailles hautes ! »
L'Intendante, suivie de "deux Servantes, est venue parler bas à Deïdamia, qui tout à coup, interrompant Achille, s'adresse à Lycomède.
DEÏDAMIA, à Lycomède.
Mon père, le festin préparé pour tes hôtes Les attend, et lassés d'un long voyage, enfin Ils pourront à loisir rassasier leur faim Et boire les doux vins de nos coteaux prodigues.
.LYCOMÈDE, à ses hôtes. .
Venez donc.
ULYSSE
Nous avons affronté des fatigues
Nombreuses^ sans quitter l'épée aux clous d'argent, Depuis que nous cherchons Achille, en voyageant Sur l'orageuse mer dans de frêles nacelles. Mais elles ne sont rien, mon hôte, auprès de celles Que nous garde là-bas le fier Hector !
Tous sortent, excepté Achille qui, en proie à ses pensées, tient toujours dans sa main la quenouille que lui a donnée Deïdamia. Celle-ci l'a d'abord suivi des yeux et a semblé vouloir aller vers lui; mais comme Diomède l'accompagne et lui parle bas, elle se borne à tourner vers Achille un "regard d'intelligence et à lui adresser silencieusement une prière suprême,