‹ DeïdamiaChapitre 33 sur 49 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

DE1DAMIA, à se; sœurs, qui ont déposé les armes

qu'elles avaient prises, et qui,

groupées autour de la table, admirent les joyaux.

Voyez ces joyaux d'or où luit la chrysoprasel

DIOMÈDE, bas à Ulysse.

Pour moi, dans la fureur si juste qui m'embrase, Je prendrais le vieillard et. les filles, et tout, Et si tu le voulais, ami, car mon sang bout, Qu'ils aient Achille ou non comme tu le désires, Nous les emporterions en mer, sur les navires !

ULYSSE, contenant Diomède. — Avec un sourire.

Non pas. Je te l'ai dit, nous chassons au filet.

DEÏDAMIA, à Perséis.

Toi, prends ce collier d'or, avec ce bracelet.

A Thoé.

Toi, cette agrafe.

A Zeuxo.

Et toi, ces lourds pendants d'oreilles, Pareils aux purs joyaux pleins de clartés vermeilles Que naguère Aphrodite a reçus de son fils.

. A Achille.

Pour toi, qui parmi nous est la plus sage, Iphis,

Lui tendant une quenouille.

Prends, pour charmer tes yeux où le ciel se reflète,

Su DEIDAMIA.

Cette quenouille, avec sa laine violette !

Comme Achille hésite, elle le regarde tendrement, et insiste.

Prends, chère âme. Elle est belle et d'un travail parfait.

ACHILLE, prenant la quenouille.

Oui, la quenouille sied aux femmes, en effet!

L'épouse diligente, en sa maison tranquille

Tient dans ses doigts pensifs la quenouille; elle file,

Et sa laine toujours s'épuise, et le fuseau

Voltige dans sa main de lys, comme un oiseau,

Et toujours attentive et sans reprendre haleine

D'une main diligente elle file sa laine,

Songeant au cher époux qui d'un pays lointain

Doit revenir vainqueur et chargé de butin.

Où l'emportent les Dieux? Que fait-il à cette heure?

Peut-être sur le flot qui sanglote et qui pleure

Son navire penchant sur quelque gouffre amer

Esc encor le jouet des monstres de la mer,

Ou bien déjà peut-être il court dans les mêlées,

Terrible et menacé par cent flèches ailées ;

C'est ainsi qu'elle songe à son époux absent.

Achille s'anime peu à peu, tandis que les Princesses, penchées vers lui, tremblent qu'il ne se trahisse, et qu'Ulysse et Diomèdc, cspéran surprendre enfin sou sjeret, l'écoutent curieusement.

Lui, cependant, couvert du casque éblouissant, Il tient son ennemi sous ses yeux, face à face.

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