‹ DeïdamiaChapitre 42 sur 49 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

Qui dans Va\ur des Jlots fplendides Réfléchis le foleil de feu !

Tous les Dieux, que le ciel effleure, Défraient ta belle demeure De clairs faphirs et de coraux :

Tous, ils Cadre f aient leur prière ; Mais toi, dans ton âme guerrière Tu leur préféras un héros !

On entend un bruit de trompettes d'abord confus et comme étouffé. Achille interrompt son chant et dit d'une voix déjà émue et inquiète :

Mais quel est donc ce bruit effrayant }

ULYSSE, rassurant Achille .

Chante encore.

Ce n'est rien. C'est la mer qui gourmande à l'aurore Les blancs coursiers d'écume et les cruels typhons, Et qui hurle d'horreur dans ses gouffres profonds.

ACHILLE, chantant.

Car le héros en fa démence Est l'image du Jîot amer !

Pareil dans la mêlée immenfe Aux fureurs de la vajle mer, Il court, femblant avoir des ailes ; Et parmi les juches mortelles Riant à V airain qui le mord, Il va, la main de fan g trempée,

7o DEIDAMIA.

Cherchant le baifer de lépée Et la carejfe de la mort !

Le bruit de la trompette éclate rapproché et formidable. Tous les personnages excepté Ulysse et Diomède, sont frappés d'étonnement ou d'épouvante. Achille transporté de fureur s'écrie :

Écoutez ! Ce sont eux ! Par quelque affreux prodige Ils sont venus ! Ce sont les Phrygiens, vous dis-je ! O Deïdamia ! sur toi, sur vous, mes sœurs, Ils oseraient porter leurs mains, ces ravisseurs !

A ce moment. Achille aperçoit l'épée placée sur la table et la saisit avec une âpre joie.

Une épée !

ULYSSE , feignant de vouloir retenir Achille.

A quoi bon ta fureur indocile, Pauvre Iphis !

ACHILLE

Laisse-moi passer. Je suis Achille !

Il écarte de la main Lycomède, et sort en brandissant son épée. Diomède le suit.

Page 1