‹ DeïdamiaChapitre 43 sur 49 · ACTE III, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III

LYCOMÈDE, résolument. A Ulysse.

Oui c'est lui.

A Deïdamia.

Mais rassure-toi d'abord, O mon enfant. Pour ces clairons sonnant la mort, C'est là, je le devine, une ruse d'Ulysse. Mais, quoique sa fureur lui serve de complice, Achille, ton époux, vers les bords Stygiens N'envoie en cet instant nuls voleurs Phrygiens ; Car nul d'entre eux n'accourt vers mon seuil vénérable.

A Ulysse.

N'est-ce pas, Roi?

Ulysse garde le si

Si j'ai d'un front impénétrable Accueilli tes soupçons, dès le premier moment Je connaissais Achille et son déguisement. Mais un ordre divin, me faisant violence, Me contraignait alors à garder le silence. Car, voyant mes cheveux du poids des ans chargés, Avant que les Troïens par Achille égorgés Ne tombent dans la plaine, offerts aux loups voraces, La déesse Thétis pour mêler nos deux races Elle-même a quitté les flots mélodieux.

Ne nous opposons pas à ce que font les Dieux !

DE IDA MI A, à Ulysse.

Roi, ton esprit en mille inventions fertile Se réjouit. Enfin tu le tiens. C'est Achille. Oui, c'est bien lui. Voilà ton regard rayonnant, Et tu dis : « Il ne peut m'échapper maintenant. » Lorsqu'un homme te fait obstacle, tu l'abuses, O Roi subtil, avec d'irréprochables ruses; Et, s'il le faut, tu sais mentir avec douceur Même à des vieillards. Tel dans les bois le chasseur Vient par l'étroit sentier resté dans sa mémoire Et se glisse en rampant vers la caverne noire Que le feuillage épais couvre d'un vert manteau, Puis emporte en ses bras tremblants le louveteau, Et frémit de plaisir en songeant que la mère Hurlera tout à l'heure en sa douleur amère, Tel tu te dis : « Ma proie est là. J'ai réussi. Je l'emporterai. » Mais la louve était aussi Dans l'antre! Elle n'est pas endormie. Elle veille. Tu n'éviteras pas sa prunelle vermeille. Elle te guette. Vois ses yeux fixés sur toi. Voilà tout, n'est-ce pas? Tu veux Achille. O Roi Très-subtil, viens donc, si tu t'en sens le courage, L'ùter à mon amour, et le prendre à ma rage !

ULYSSE

Le Destin nous terrasse, il est plus fort que nous.

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