SCENE III
THÉTIS, ACHILLE, DEÏDAMIA, THOE, ZEUXO, PERSEIS.
ACHILLE, regardant Deïdamia.
Dieux! Quelle esc cette vierge si belle? Telle, faisant éclore à ses pieds l'asphodèle, Parut Cypris, et telle en nos bois Artémis Accourt d'un pas léger.
THÉTIS
Regarde-la, mon fils !
A part.
Et toi, tyran des dieux, Amour, viens à mon aide !
Haut, à Achille.
C'est Deïdamia, fdle de Lycomède.
ACHILLE , extasié.
Ah ! dis plutôt qu'elle est l'astre délicieux Qui fait pâlir les traits du soleil dans les cieux ! Dis qu'elle est la déesse adorable aux longs voiles Que suivent chastement les chœurs dansants d'étoiles, Et dont la Nuit en pleurs caresse les cheveux! Ou plutôt dis qu'elle est ma vie, et si tu veux Que ma misère trouve en ton âme un asile,
Dis-moi qu'elle est l'épouse et l'amante d'Achille ! Ma mère, dis cela, car le brûlant désir S'abattant sur mon cœur, est venu le saisir, Depuis que mon regard altéré la contemple ! Deïdamia ! Dieux !
DEIDAMIA, à ses sœurs.
Mes sœurs, allons au temple
De Pallas.
De nouveau les Princesses traversent lentement la scène, puis disparaissent par l'avenue qui touche à la maison de Lycomède, toujours suivies par les yeux de Thétis et d'Achille, qui les regardent encore après que le spectateur les a perdues de vue.
THÉTIS, à Achille.
O mon cher enfant !
ACHILLE, les yeux tournés vers Deïdamia.
Je ne veux rien Que Deïdamia. Non, plus rien qu'elle!
THÉTIS, vite, et d'un ton persuasif.
Eh ! bien, Fais ce que je voulais, entre dans sa demeure ! Inconnu, tu vivras auprès d'elle à toute heure, Et tu pourras la voir sans cesse.
Thétis, poursuivant son projet de déguiser Achille en jeune fille, profite du trouble où ses paroles ont jeté Achille, et se hâte de dénouer les liens qui relèvent sa tunique , de façon que tombant alors jusqu'à ses pieds, cette tunique semble être un vêtement de femme.