‹ DeïdamiaChapitre 9 sur 49 · THÉTIS, ACHILLE · texte numérisé non relu

THÉTIS, ACHILLE

THÉTIS, admirant le déguisement d'Achille.

Certes, ainsi vécu, mon Achille, on croirait Voir une chasseresse errante en sa forêt, Ou, la lèvre pareille à la grenade mûre, Quelque jeune amazone ayant quitté l'armure. Ecoute maintenant.

Marchant devant lui pour lui enseigner les poses et la démarche d'une jeune fille.

Il faut marcher ainsi Timidement, voiler ton regard adouci.

ACHILLE, avec une dernière velléité de résistance.

Ma mère!...

THÉTIS

Ne dis rien. Calme un peu ton délire.

Laisse éclater en paix la fleur de ton sourire. Ne sois plus l'intrépide et fier Achille; sois Une jeune princesse à la charmante voix. Oui, mon enfant, il faut sous ta belle parure Voiler ton large front avec ta chevelure; Mais, je le jure, aussi tu seras bien payé

D'avoir eu pour ta mère un instant de pitié. Plus tard, bientôt, mon fils, tu trouveras ta proie, Le Xante ensanglanté, les champs fumants de Troie Et tous les Phrygiens se hâtant vers ses murs ! Sur leurs frères fauchés comme des épis mûrs, Devant ta claire épée ils fuiront comme un rêve, Et le cruel Hector, dont le front haut s'élève Comme un chêne que nul ouragan ne ploya, Tombera sous tes coups.

ACHILLE

O Deïdamia

Les Princesses paraissent, revenant du temple de Pallas par l'avenue qu'elles ont prise pour s'y rendre, et en même temps le roi Lycomède sort de sa maison. — Ne voulant pas encore se montrer à eux, Thétis entraîne Achille, en lui disant :

THÉTIS

Viens !

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