‹ Déjanire; tragédie lyriqueChapitre 1 sur 27 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Le palais d'Hercule, à Œchalie. A droite le gynécée. Devant, une esplanade. On accède aux deux palais par quelques marches. Au fond une échappée par où l'on aperçoit des montagnes qui se détachent sur un ciel clair. On est au centre de l'Acropole, sur une hauteur.

LES HERAGLIDES, devant le palais d'Hercule.

Hercule, fils d'Alcmène et du plus grand des dieux N'a plus de monstres à combattre.

Tout cède à son bras glorieux.

Ses membres sont invulnérables, Le fer s'émousse en les frappant; Et dans sa vigueur indomptable Il brave et provoque la mort.

Il n'a qu'à montrer son visage, Tout ce qu'il veut vaincre est vaincu ; Ainsi les remparts d'OEchalie Sont tombés sous son fier regard.

Le tyran Eurytos a péri. — Las de gloire, Hercule goûte en paix le fruit de sa victoire. Tout un peuple tremble à ses pieds. La fille d'Eurytos, Iole, est sa captive.

LES CECHALIENNES, devant le gynécée.

Iole, hélas! triste victime,

Quel fut ton crime?

Qu'as-tu donc fait aux dieux?

Rouge encor du sang de ton père Le farouche vainqueur ajoute à ta misère L'outrage affreux de son désir.

IOLE qui est entrée pendant le chœur îles Œchaliennes avec ses suivantes.

Quel rocher, quel marbre insensihle Mit au jour cet homme cruel?

Victime, quand il m'aura prise, Quand le sol de notre cité Se couvrira d'herhes sauvages, Et quand nos temples abattus Seront l'abri des bêtes fauves, O mes sœurs, que deviendrez-vous?

KUe entre ilans le gynécée avec ses femmes. LES CECHALIENNES.

O sombre mort impitoyable!

Tu frappes les heureux, lu fuis les misérables.

Il ne faudra que peu de jours Pour qu'on cherche la place où fut notre patrie! Délivre-nous d'abord du fardeau de la vie!

Les Œchaliennes entrent dans le gynécée. Les Héraclides restent en scène et se tien-

Fnlrée d'Houle accompagné de Philoctète. Lichas et des gardes le précèdent. Ils se ' tiennent au fond. Hercule amène Philoctète sur le devant de la scène.

HERCULE, à Philoctète.

O toi, le plus fidèle, Le plus ancien et le plus cher de mes amis, Tu sais de quels fléaux j'ai délivré le monde, Quels peuples j'ai soumis,

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