‹ Déjanire; tragédie lyriqueChapitre 2 sur 27 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Quels monstres nés du courroux de la terre Mon bras a terrassés !

Et pourtant, digne ainsi de Jupiter, mon père, Je n'ai pas désarmé la haine de Junon ! Jalouse du bonheur d'Alcmène, de ma mère,

Elle se venge en s'acharnant sur moi ! La déesse ennemie allume dans mon cœur Un criminel amour, dont je vis, dont je meurs!

PHILOCTÈTE

Que dis-tu?

HERCULE

J'aime Iole et d'une ardeur farouche!

PHILOCTÈTE

Grands Dieux ! la fille d'Eurytos !

HERCULE

Du roi que j'ai tué moi-même!

PHILOCTÈTE

Horrible amour !

HERCULE

Amour impitoyable!

PHILOCTÈTE, à part.

Deuil profond pour mon àmel Sombre fatalité !

Hercule aimer celle que j'aime!

HERCULE

Où s'en va la pensée?

Écoute, ami; je veux Par toi voir s'accomplir ici mon double vœu*

Va ! va trouver Iole Et sois mon messager d'amour!

Elle t écoutera d'une âme moins farouche Que si l'aveu lui venait de ma bouche.

PHILOCTÈTE

Quoi! tu veux...

HERCULE

Tu lui parleras.

Ce devoir accompli, Tu devras à ce coup préparer Déjanire ; Elle m'attend dans Calvdôn...

Hélas! j'ai l'horreur de ma trahison!

PHILOCTÈTE

Déjanire n'a pas mérité cet outrage.

HERCULE

Va dans le gynécée et sans perdre un instant.

Pkénice paraît, très vénérable. Ses longs cheveux blancs encadrent son visage pille, où rayonnent, ardents encore, ses grands yeux profonds. Elle marche d'un pas terme; deux serviteurs l'accompagnent et s'arrêtent à distance, tandis qu'elle vient vers Hercule.

HERCULE

Eh! qui vient là? Phénice!

Qui t'amène vers nous, prophétesse?

p h É xi c e .

Déjanire m'envoie et je parle en son nom.

La Renommée a sonné votre gloire Jusqu'au fond du palais où pleurait votre femme Implorant en vain votre retour.

Alors Déjanire est venue.

HERCULE

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