ACTE PREMIER
Quels monstres nés du courroux de la terre Mon bras a terrassés !
Et pourtant, digne ainsi de Jupiter, mon père, Je n'ai pas désarmé la haine de Junon ! Jalouse du bonheur d'Alcmène, de ma mère,
Elle se venge en s'acharnant sur moi ! La déesse ennemie allume dans mon cœur Un criminel amour, dont je vis, dont je meurs!
PHILOCTÈTE
Que dis-tu?
HERCULE
J'aime Iole et d'une ardeur farouche!
PHILOCTÈTE
Grands Dieux ! la fille d'Eurytos !
HERCULE
Du roi que j'ai tué moi-même!
PHILOCTÈTE
Horrible amour !
HERCULE
Amour impitoyable!
PHILOCTÈTE, à part.
Deuil profond pour mon àmel Sombre fatalité !
Hercule aimer celle que j'aime!
HERCULE
Où s'en va la pensée?
Écoute, ami; je veux Par toi voir s'accomplir ici mon double vœu*
Va ! va trouver Iole Et sois mon messager d'amour!
Elle t écoutera d'une âme moins farouche Que si l'aveu lui venait de ma bouche.
PHILOCTÈTE
Quoi! tu veux...
HERCULE
Tu lui parleras.
Ce devoir accompli, Tu devras à ce coup préparer Déjanire ; Elle m'attend dans Calvdôn...
Hélas! j'ai l'horreur de ma trahison!
PHILOCTÈTE
Déjanire n'a pas mérité cet outrage.
HERCULE
Va dans le gynécée et sans perdre un instant.
Pkénice paraît, très vénérable. Ses longs cheveux blancs encadrent son visage pille, où rayonnent, ardents encore, ses grands yeux profonds. Elle marche d'un pas terme; deux serviteurs l'accompagnent et s'arrêtent à distance, tandis qu'elle vient vers Hercule.
HERCULE
Eh! qui vient là? Phénice!
Qui t'amène vers nous, prophétesse?
p h É xi c e .
Déjanire m'envoie et je parle en son nom.
La Renommée a sonné votre gloire Jusqu'au fond du palais où pleurait votre femme Implorant en vain votre retour.
Alors Déjanire est venue.
HERCULE