‹ Déjanire; tragédie lyriqueChapitre 10 sur 27 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Va vers la sombre Déjanire.

Vois ce qu'elle résout et reviens me le dire.

Lichas, revenant de chez Iole, s'éloigne avec Philoctèle. Iole parait seule devant Hercule.

HERCULE

Venez, ne craignez rien, Iole.

Près de vous Je croyais retrouver la reine Déjanire...

Pour ne plus revenir, Déjanire est partie. Il n'est ici que vous et que moi-même.

Iole, je vous aime !

On vous l'a dit, je veux vous l'assurer. Je n'ai pas oublié que cette main funeste En frappant Eurytos vous a frappée aussi ; Et ce mal qu'elle a fait, j'entends que le répare Un solennel hymen.

Il n'est pas de haine éternelle !

Je ne saurais haïr, mais mon cœur désespère; Et je pleure, en pleurant mon père, Mon repos à jamais perdu!

Mon amour, pareil à la flamme.

Dévorerait tes souvenirs.

Je ferais refleurir ton âme, Je te rendrais fière de moi ; Je renouvellerais la face de la terre, Iole, pour te conquérir l

IOLE

A l'amour aucun ne commande, Il est la suprême vertu !

HERCULE

Iole, que voulez-vous dire?

L'amour doit naître de l'amour!

Et si votre âme m'est fermée C'est qu'un autre y règne avant moi !

Un rival! j'en suis sûr! tu le nierais en vain! Son nom!

IOLE

Ce nom, je ne le dirai pas.

HERCULE

Dieux cruels! elle avoue! ah! tu diras enfin

Qui m'ose disputer ton cœur! Si tu ne parles pas!...

Vengez-vous !

IOLE

Je vous offre ma vie,

HERCULE

Ah ! ce nom, je le saurai !

Un geste, un mot, un regard même Malgré toi me dira le funeste secret.

Tremble, alors !

A ce moment parait Philoctète. Iole retient un cri, jette vers lui un regard éperdu et chancelle.

Ah! Philoctète! c'est lui!

Oui, c'est toi, misérable! elle t'aime, tu l'aimes!

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