‹ Déjanire; tragédie lyriqueChapitre 16 sur 27 · LE CHOEUR, FEMMES ÉTOLIENNES · texte numérisé non relu

LE CHOEUR, FEMMES ÉTOLIENNES

Dans la nuit, avec des cris sauvages,

Par les bois, les monts et les rivages,

Il a fui comme un lion blessé!

Il allait déracinant les roches,

Arrachant les saules chevelus,

Les bergers fuyaient à son approche

Et Phœbé cachait sa face pâle

Dans la nue au fond du grand ciel noir.

Allez, car il revient où l'attire sa rage. Moi, je puis sans pâlir affronter son visage.

Le chœur sort.

Entre Hercule, le visage pâle, l'attitude lasse.

HERCULE

Une heure j'ai dormi dans la fraîche rosée, Gisant comme un taureau que la hache a frappé. Que vais-je faire? et pourquoi suis-je ici?

Déjanire s'approche.

DEJAN1HE .

Pardon si j'offense ta vue; C'est du moins pour la dernière fois!

Avant de m'éloigner, j'ai voulu te le dire :

Triomphe en paix, ne crains rien que des dieux! Un jour, si ton âme est changée, Souviens-toi que là-bas, dans le morne palais, Déjanire attend, résignée, Le retour de la destinée.

Que Phœbos éclaire ta route !

Ta douleur touche plus mon cœur que ta colère !

Qu'Aphrodite sourie à ton nouvel hymen!

Elle s'incline, baise la frange de la tunique d'Hercule et s'éloigne. HERCULE.

Quelle joie en ses yeux éclate!

Je pressens quelque perfidie !

lole vient drapée d'un manteau de laine et le visage presque caché sous la draperie qui le voile. Deux Œchaliennes seulement l'accompagnent, voilées comme elle.

Où vas-tu, femme? — Vous, lole?

Le front voilé, le pas furtif...

Où courez-vous ainsi, dans une telle hâte?

10 LE, tremblante.

Au temple...

HERCULE, la regardant longuement.

Tes yeux purs ignorent le mensonge...

Tu ne vas pas au temple seulement...

Tu fuis... écoute!

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