‹ Déjanire; tragédie lyriqueChapitre 3 sur 27 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Elle attend au pied de l'Acropole Que vous veniez la recevoir.

Frémissante d'impatience, Soumise cependant à votre volonté.

HERCULE, à Philoctèle.

Rien ne m'est épargné de l'épreuve cruelle!

A Phénicc :

Retourne vers la reine,

Dis-lui... que le Destin jaloux

Nous sépare et lui prend son époux;

Qu'il subit malgré lui le pouvoir qui l'entraîne;

Qu'elle retourne donc, telle est ma volonté,

A Calydôn qu'elle a trop promptement quitté !

PHÉiNICE, avec exaltation.

Quel monstre s'est dressé qui puisse vaincre Hercule ?

Quel pouvoir plus haut que le sien?

Dieux justes, dieux vengeurs, conjurez sa menace!

Mes yeux voient... mon oreille entend...

Dans des ténèbres effrayantes...

Des visages d'horreur... des cris de désespoir...

Des larmes!... du sang... de la flamme!... Héros, malheur à toi! et malheur à toi, femme! Malheur! malheur!

Elle s'éloigne, les bras au ciel, la démarche chancelante, et disparait avec les deux serviteurs. Après un signe à Philoctète, Hercule, soucieux entre dans le palais. Les Héraclides sortent.

PHILOCTÈTE, seul, avec désespoir.

0 cruauté des dieux! pourquoi m'ont-ils fait naître? De quel crime de mes ancêtres Poursuivent-ils en moi le châtiment?

Hercule, tu n'as pas écrasé tous les monstres!

Il en est que ton bras en vain voudrait saisir! Plus cruel que la dent du lion de Némée, Plus \ivacc que l'hydre aux tètes renaissantes, Un mal inexorable étreint mon lâche cœur! J'aime Iole, et l'aimant j'ai gardé le silence! Et je vais aujourd'hui briser mon espérance Et moi-même aggraver mon affreuse douleur!

Iole parait à la porte du gynécée.

C'est elle!

[OLE, à Philoclètc.

0 vous doul l'âme fut clémente A mon deuil, à mes pleurs!

Soyez encore aujourd'hui mon refuge, Préservez-moi du farouche vainqueur !

PHILOCTÈTE

Hélas! Hercule est mon maître et le vôtre! Et si je suis maintenant devant vous, C'est que je dois ici vous faire entendre Un mot, pour moi plus cruel que la mort!

N'achevez pas! je sais qu'Hercule m'aime! Je sais quelle est son âpre volonté !

PHILOCTÈTE

Et je vous vois sans doute résolue

A vous soumettre au Héros triomphant!

Au seuil rougi par le sang de mou père Vais-je toucher la main qui Ta frappé ? Dois-je de vous souffrir pareille injure 1

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