‹ Délassemens de ma filleChapitre 4 sur 20 · LES · texte numérisé non relu

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VALEXTIXE,

LES AVANTAGES DE L'ÉdUCATIO>'.

LiES parents de Valentine étaient de malheureux portiers, chargés d'enfants; mais, dans la maison qu'ils habitaient au Marais , il existait un être bienfaisant , la providence des pauvres du quartier , et surtout du père Loir et de sa famille. Madame D* * * avait pris en amitié la pau- I. 1

vre Valentine.Dcs l'âge de huit ans, cette enfant soignait ses jeunes frères et faisait les commissions des locataires de la maison. C'était elle qui montait à m'adame D* * * ses journaux, ses lettres, elle matin le lait pour son café. Valentine avait une de ces mines gentilles qu'on ne pouvait voir sans intérêt; ses yeux vifs, ornés de deux beaux sourcils noirs, annonçaient de l'esprit ; et ses longs cheveux couleur d'ébène , qui flottaient toujours sur ses épaules blanches comme de l'ivoire , la faisaient remarquer de tout le monde. On se demandait : « Quelle est donc cette jolie petite créature?...

— C'est la fjlle de la portière , c'est l'aînée de sept enfants ! »

Madame D* * * , charmée des grâces enfantines de Valentine , et encore plus touchée de la misère de ses parents, projetait de faire son éducation. Cette dame en avait beaucoup elle-même. Connue dans la république des lettres par un ta-

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lent que l'Europe admirait ; en relation avec tout ce qu'il y avait d'illustre , personne mieux que madame D* * * ne pouvait cultiver les heureuses dispositions de la petite Clic. Elle n'eut pas de peine à y faire consentir ses parents , qui lui avaient quelques obligations. Valentine était si raisonnable d'ailleurs, qu'elle sut concilier bientôt ses devoirs d'enfant soumis , avec ceux que sa reconnaissance venait de contracter envers sa protectrice. La fille du portier trouvait le temps , après avoir soigné ses petits frères et ses petites sœurs , de monter chez madame D***, qui lui enseigna elle-même successivement sa religion , à lire et à écrire, la géographie, l'histoire , le dessin et la musique. A quatorze ans , Valentine n'eût été déplacée dans aucun salon , tant elle avait de grâces; et son éducation l'eût fait admettre comme sous -maîtresse dans tous les pensionnats de jeunes demoiselles.

4 ȃL\SSEMEMS

Madame D* * * recevait chaque jour la douce récompense de ses soins bienfaisants par tous les éloges que l'on prodiguait à sa fille , comme on la désignait; et c'est ainsi qu'elle-même se plaisait à l'appeler. Yalentine alors servait de secrétaire à sa mère adoptive; c'est elle qui copiait les manuscrits destinés à voir le jour; et , comme les ouvrages de madame D** * avaient tous un but moral , la jeune fille gravait dans sa mémoire ces leçons de l'expérience , du goût et du jugement de sa bienfaitrice.

Madame D*** recevait beaucoup de monde l'hiver ; elle avait des réunions chaque semanie. On voyait à ses soirées les gens de lettres les plus estimés de la capitale , des artistes , d'honorables magistrats, des mères de famille respectables ; et Valcntine , que madame D* * * se plaisait toujours à faire briller , tantôt jouait quelques morceaux sur la harpe , dont elle tirait des sons délicieux , ou

bien lisait quelques pièces de vers de la composition de sa protectrice.

Quel charme elle donnait à ses lectures !... Comme son organe était agréable , sa prononciation pure !.... On ne savait , en l'écoutant , ce qu'on devait admirer le plus, ou des beaux vers auxquels sa voix sonore prêtait un intérêt si touchant , ou de ses traits nobles et expressifs dans lesquels on voyait briller sa belle ame !...

La beauté de Valentine aurait eu de quoi donner de l'orgueil à la jeune personne la moins vaniteuse. Valentine, cependant , ne se doutait pas qu'elle fût belle ; toujours humble et modeste , se trouvait-elle entourée dun cercle brillant qui la comblait d'éloges? elle répondait : « S'il est vrai que je vaille quelque chose , c'est à madame D* * * que je le dois ; et elle tombait dans ses bras en fondant en larmes comme un enfant.

Ses pensées se portaient alors vers ses

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pauvres parents, qui occupaient un petit réduit au bas de l'escalier du salon où on voulait la voir briller. Fille vertueuse autant que soumise , elle ne manquait jamais , le dimanche , d'aller à la messe avec sa mère et deux ou trois de ses frères. Sa mise était simple comme celle de la bonne femme. Arrivée à l'église , la fille du père Loir plaçait elle-même ses frères qui s'agenouillaient , à l'exemple de Valentine. Ils levaient leurs petites mains innocentes vers le Rédempteur des hommes , pour lui demander , d'abord , la conservation des jours de leurs parents , et ensuite celle d'une aussi bonne sœur. Les voisins de ces scènes touchantes étaient édifiés de la piété sans apprêt de la jeune personne. Après l'office , Valentine s'en retournait au logis pour ne plus quitter de la journée madame D* * * , qui , charmée de son bon cœur et des actions louables de toute sa vie , prenait plaisir à la faire causer.

Valentine, dans ses moments d'épanchement , ne rapportait rien à son propre mérite : sa modestie en eût trop soudert. La lille adoptive de madame D*** s'exprimait avec simplicité sur ce qu'elle avait vu , sur ce quelle avait éprouvé , et adressait timidement quelques questions en se donnant Lien garde d'être indiscrète; et, sinstruisant ainsi de ce qu'elle ignorait , elle profitait des leçons de morale qui en étaient la conséquence.

Chaque matin , pendant que madame D* * * était encore au lit , on la voyait au milieu de ses petits frères et de ses petites sœurs , qu'elle habillait , qu'elle peignait , auxquels elle montrait à lire , les instruisant avec une patience , une candeur!... aussi Tappelait-on la bonne amie des enfants.

— Son père exerçait l'état de tailleur . et travaillait assidûment tout le jour; sa mère faisait des ménages dans la mai-

son. Ces bonnes gens auraient eu beaucoup de peine à élever leur nombreuse famille, sans la générosité de madame D* * * pour Valentine. Elle lui donnait une petite somme pour ses copies; chaque fois qu'on achetait un de ses manuscrits, le libraire-éditeur lui en remettait un autre. La fille du père Loir , au moyen de ses économies , trouvait la possibilité d'être utile à sa famille et à ses petits frères , qui étaient toujours propres.

Avec les vêtements les plus simples, que Valentine savait faire elle-même , elle avait l'air d'une demoiselle fort distinguée; aussi disait-on qu'un rien la parait. Ses magnifiques cheveux , relevés en une longue tresse roulée sur la tête , une robe tout unie , avec un tablier de taffetas noir, composaient sa toilette habituelle; mais comme elle était propre et jolie , avec cette parure sans prétention !... Plusieurs dames respectables , amies de madame D* * * , avaient remar-

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que son élève. L'une d'elles , madame Delorme, en fut si satisfaite, qu'elle pria son amie de permettre que sa fille aînée, qui déjà connaissait Valentine et Tavait prise en arTection , vînt passer quelques jours avec elle pour en recevoir des leçons de harpe. Madame D* * * y consentit volontiers. jMademoiselle Delorme fut enchantée des complaisances et de la douceur de la jeune Loir. Un peu fière des richesses de son père , elle ne s'était point informée cependant de la naissance de sa nouvelle amie. Les jeunes personnes qui se conviennent , dont les caractères sympathisent, se livrent d'abord au penchant qui les conduit l'une vevs l'autre , elles se plaisent ensemble, s'aiment, se le disent, se font leurs petites confidences, sans songer si l'une est fille d'un artisan , et l'autre d'un prince. Quand la familiarité sest bienétablie, que le tu a pris la place du vous obligé des premiers en- I. 1.

trentiens , si elles sont curieuses, et les petites filles le sont presque toujours , elles se demandent ce que font leurs parents... Valentine et mademoiselle Delorme se voyaient, se tutoyaient, s'aimaient depuis plusieurs jours , sans toutefois s'être inquitées du rang que tenaient leurs pères dans la société.

Boaité va^it n&iciax que ^Beauté.

Un matin , pendant que les deux amies étaient seules à folâtrer dans la salle à manger , tout en faisant leur second déjeûner , on sonne ; mademoiselle Delorme va ouvrir; un homme âgé , en veste, à tête chauve et à cheveux gris , se présente, portant quelques rouleaux de papiers: à son aspect, les yeux de Valentine s'animent ; elle court au vieillard et le baise au front , tandis que celui-ci prend sa main avec amitié , et lui dit qu'il a des épreuves que l'imprimeur

vient d'apporter pour madame... «Donnez-les moi , répond Valentine , je vais les lui remettre... »

Mademoiselle Delorme regarde son amie avec embarras , et lui demande tout bas : « Quel est donc ce bonhomme que tu traites si familièrement ?

— C'est mon père, mon bon père, dit Valentine avec effusion et en embrassant cette fois le père Loir sur les deux; joues.

— Oui, mademoiselle, repart le vieillard , je suis son père , et je m'en glorifie tous les jours. »

Aces mots, il essuie une larme, tire la porte et disparaît.

Mademoiselle Delorme reste pensive ; sa gaîté n'est plus la même, «Comment!

reprend-elle, ce... pauvre homme... est.... votre père?

— Oui , mademoiselle , répète Valentine modestement; je crois ne vous avoir jamais dit que je fusse la fille d'un mar-

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quis; et vous savez depuis long-temps sans doute que madame D* * * n'est que ma bienfaitrice?

— Oh ! je sais combien vos vertus vous élèvent !

— Je n'ai que celles d'un enfant respecteux , d'une fille reconnaissante pour toutes les bontés de madame D* * * , qui m'a servi de mère. ?S 'allez pas croire pour cela , reprend-elle avec vivacité , que je rougisse de ma naissance.... Mes parents sont pauvres , il est vrai , mais leur probité est connue , et je tiens à honneur de leur appartenir. Au surplus , je pensais , mademoiselle , que vous le saviez; sans cela croyez bien que je ne me fusse pas livrée avec vous au penchant qui me portait à vous aimer, que ma familiarité... »

Pour toute réponse , mademoiselle Delorme, dont l'esprit était juste et le cœur bon , mais qui , dans le premier moment, n'avait pu maîtriser un petit

mouvement dorgueil , l'embrassa , en lui disant : « Je le vois . ma chère Valentine , tu es un assemblage de tout ce quil y a de plus parfait ; soyons désormais inséparables. Des ce jour , les deuï amies le devinrent en elTet.

Cependant . la bonne amie des enfants s'était imposé, à Tégard de ses frères et de ses sœurs , un travail bien pénible : avec la permission de madame D' ' . elle descendait à une heure fî.\e de la juurnée pour faire étudier et surveiller ce qu'elle appelait sa petite classe. Elle donnait la tâche h tout le monde, apprenait à lire aux uns, à travailler aux autres; chacun des enfants était attentif. obéissant et soumis . et pas un n'eût voulu lui déplaire . tant ils l'aimaienL Aussi remplissaient-ils leurs petits devoirs à l'envi l'un de l'autie.

La pauvre Valentine sut inspirer tant d'intérêt par sa conduite . sa décence . ses talents et son bon c^ur .

qu'elle obtint peu à peu des amis de sa bienfaitrice le placement , dans des écoles gratuites, de ceux de ses frères que l'âge permettait d'y envoyer.

Madame D*** cherchait elle-même une éducation pour sa fille adoptive.

Une dame anglaise, riche et d'un rang distingué dans sa patrie , vit la jeune fille, l'entendit et désira l'avoir.

Madame D* ♦ * voulut en parler à Valentine. Dès les premiers mots qu'elle prononça , son élève se mit à fondre en larmes, sans proférer ni un remercîment ni une plainte.

« Eh quoi , ma fille , au lieu de te réjouir du bonheur qui l'arrivé , tu t'en affliges? Songe donc que l'on t'offre de superbes avantages. »

Les larmes de Valentine coulent en silence.

« Pense bien , ma bonne amie , que l'état de ma fortune est trop précaire pour que je puisse te faire un sort ; que

la faiblesse de ma santé peut, d'un moment à l'autre

— Ah ! s'écrie Valentine , en redoublant ses pleurs et tombant aux genoux de sa bienfaitrice...., n'achevez pas! Faible, valétudinaire, accoutumée à mes soins.... Vous.... ô madame! à qui je dois une seconde vie! qui m'avez appris à me connaître!... Que serais-je, sans l'éducation que vous m'avez donnée?... Et je pourrais vous abandonner? Jamais! «

L'exaltation de Valentine attendrit madame D***; elle ne put s'empêcher de la presser sur son cœur.

« Mais, ma fille, songe donc aussi à la situation de ta famille. La tendresse que tu as pour elle trouvera bien des adoucissements à leurs maux, en acceptant la proposition de Milady. Les appointements qu'elle t'oiïre te mettront à même de remplir, à l'égard de tes frères , les vues bienfaisantes que tu conserves pour eux; tu pourras adoucir

l'existence de ton vieux père , de ta bonne mère...

— S'il ne fallait pas vous quitter, reprend Valentine , malgré toute la peine que j'éprouverais à m'éloigner de mes parents, mon sacrifice serait fait à l'instant; mais me séparer de vous, madame , cesser de vous voir chaque jour , de contempler ces traits chéris où la sensibilité, la vertu, se peignent tour à tour; cesser chaque matin d'adresser à ma bienveillante et tendre mère ce souhait de mon cœur, qu'elle accueille toujours avec tant de bonté , de recevoir ses sages conseils, cette bénédiction, juste présage de mon bonheur

Oh ! madame ! le sacrifice est au-dessus

de mes forces! Demandez -moi ma

vie... Je vous l'ai consacrée; elle est à vous... Mais que je sois ingrate, que je vous délaisse !... La mort seule peut nous séparer ! »

Ces accents si touchants de Valentine

ont pénétré l'ame de madame D* * * ; hors

d'elle-mc'me dans l'admiration.... elle

ne peut qu'approcher son visage de celui de la jeune fdle : leurs cœurs se sont compris.... , leurs pleurs se confondent...

« Xon ! prononce enGn madame D" * , Valentine , nous ne nous séparerons plus. Si ton bonheur est de ne me pas quitter, je sens que le mien est attaché à ta présence en ces lieux. »

La mère et la fille adoptive restèrent long-temps dans un silence muet , qui peignait mieux l'état de leur ame que tous les discours possibles.

Madame D"**, en remerciant la dame anglaise de ses offres obhgeantes , ne put se défendre de lui faire part des motifs de son refus. 3iilady en conçut pour Valentine encore plus d'estime.

^♦Mademoiselle Delorme faisant à son amie quelques tendres reproches pour avoir refusé l'emploi avantageux qu'on

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lui avait proposé; celle-ci s'excusa, en disant : « Je sais bien qu'en acceptant la place que l'ilady a eu la bonté de m'offrir, j'aurais pu, par mes économies, et en quelques années, pourvoir à l'éducation de mes frères et adoucir le sort de mes parents, qui est loin d'être heureux ; mais pouvais-je l'accepter , sans me rendre coupable de la plus noire

ingratitude envers ma bienfaitrice?

Presque toujours malade , quand je n'aurais plus été près d'elle , que seraitelle devenue?... Je n'ignore pas qu'en me proposant le poste qu'elle a sollicité pour moi , elle sacrifiait ses goûts et son affection à mes intérêts... Pouvais-je être moins généreuse? et pour un peu d'or, devais -je l'abandonner?

Dès mon enfance , accoutumée par elle à dire la vérité , je ne sais point la déguiser... Plus éclairée maintenant sur ma véritable situation , je remplirai mieux mes devoirs , et je travaillerai

pour n'être plus à charge à cette excellente mère. «

r>Iademoiselle Delorme la loua beaucoup de la délicatesse de ses intentions, et l'encouragea à y persister.

Valentinc la pria de lui chercher une éducation dans Paris, où elle put avoir la faculté, en donnant son temps une partie de la journée, de revenir le soir auprès de madame D**\

« Ma fille , lui répondit cette dame, à laquelle elle fit part de son projet , ce que tu demandes sera difficile san?

doute , parce que les parents exigent ordinairement , et cela doit être, que les institutrices couchent auprès de leurs élèves. Cependant il ne serait pas impossible de trouver une éducation où l'on put concilier ces deux choses. En attendant , tranquillise-toi ; soigne ton dessin , ta harpe , et ne songe pas au reste. Tu es d'ailleurs si jeune!..» Valentine approchait alors de sa seizième

année. A cet âge heureux , les jeunes personnes ne songent guère à la peine ; Valenline cependant était dévorée d'ennui et d'inquiétude. La mauvaise santé de sa mère adoptive , qui , malgré sa faiblesse, voulait toujours travailler; le peu de fortune de ses parents, ]e jeune âge de ses frères.... se présentaient successivement à son imagination alarmée et venaient troubler son repos.

Elle aurait voulu trouver à employer honnêtement ses talents, sans être obligée de se séparer de Madame D""*, sans • renoncer à la voir, h lui donner tous les jours des preuves de sa tendresse, sans cesser non plus les petites occupations qu'elle s'était créées pour l'utilité de sa famille et de ses petits fières. Ce que les vœux et les recherches ne purent faire pour Valentine , le hasard le fit. 11 y avait non loin de la demeure de madame D*** un pensionnat considérable de jeunes demoiselles , tenu par

une personne qui fut riche autrefois.

Comme cette personne avait reçu une éducation distinguée, elle espéra remédier à ses malheurs , en formant cet établissement , qui prospéra promplemenl. Souvent elle entendit parler de madame D*** , et désira la connaître, l'ne amie commune la présenta à une de ses soirées. Si la maîtresse de pension fut charmée de madame D*", elle admira bientôt la jeune Valentine, et demanda d'elle-même la permission de l'oîTrir jx>ur modèle à son pensionnat.

Madame D'*'. toujours attentive à ce qui pouvait être avantageux à sa pupille, trouva moyen de la faire admettre chez sa nouvelle amie comme maîtresse de haï pe et de dessin. Le produit de ces deux emplois sufiit aux besoins de sa famille , et Valentine ne fut point enlevée à sa bienfaitrice, chez laquelle on la vit continuer de demeurer.

La bonne Valentine , que Dieu vou-

22 délvsse.uents

lait récompenser d'une manière encore plus manifeste , se trouva au comble du bonheur , quand elle eut la certitude d'être occupée si fructueusement, sans cesser de remplir les devoirs qu'elle s'était imposés auprès de sa bienfaitrice, et qui plaisaient tant à sorj cœur. Elle ne tarda pas , dans le pensionnat où elle donnait ses leçons, à intéresser en sa faveur des dames fort riches qui avaient leurs demoiselles dans cette maison ; elles furent si charmées de ses excellentes qualités et de ses talents, que tous ses frères et sœurs furent successivement placés dans des écoles ; son père obtint aussi bientôt l'emploi de concierge de l'hôtel d'un grand seigneur où il finit doucement ses jours avec sa femme.

La mère adoptive de Valentine lui choisit , à dix-huit ans , unjeune avocat pour époux, qui , fier des vertus de la jeune élève de madame D**" encore plus

que de sa beauté et de sa brillante éducation , la rendit très-lieureuse. Tels furent les avantages de son éducation et le pris réservé par la providence à la reconnaissance et à la bonne conduite.

Valentine , entourée de l'estime publique, qu'elle avait méritée, et de la fortune qu'un sage emploi bonora toujours . conserva l'amour de ses parents , dont elle ne cessa de se rendre digne , regardant constamment leur pauvreté comme un titre de plus à sonaOection.

La tendresse de sa bienfaitrice ne se démentit jamais, et celle que lui témoignait mademoiselle Delorme, son amie, fut inaltérable, parce qu'elle était fondée sur les vertus de Valentine, source inépuisable de félicité et de bonbeur.

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