Solitaire second, ou Discours sur la musique
4. Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1900, p. 905. 449 dizains divisés par les emblèmes en 5 -j- (9 X 49) + 3. Les emblèmes sont au nombre de 50 et séparent les dizains en groupes de 9.
$. Georgius Fr. Venetus, Miuoritanae familiae. De Harmonia mundi totius cantica tria. Venise, Bern. de Vitalibus, 1525, in-fol. — La traduction de Guy Le Fevre de la Boderie est de 1578 ; L'Harmonie du monde divisée en trois cantiques. . . premièrement composé en latin par François Georges Vénitien, & depuis traduict & illustré par Guy Lefevre de la Boderie. Paris, Jean Macé, 1578, in-fol.
6. Dans La Tricarite plus quelqes chants, an faveur de plusieurs Damoécelles: par C. de Taillemont Lyonocs. Lyon, Jean Temporal, 1556 (Bibl.
INTRODUCTION XXIX
et pour que cette division et ces chiffres n'échappent pas à l'attention du lecteur, il la fera remarquer en trois vers additionnels qui terminent le poème :
Universelle paix appaisoit l'univers *,
L'an que ce Microcosme en trois livres divers
Fut ainsi mal tracé de trois mille & trois vers.
Par là encore, d'ailleurs, Scève se rattachait à Dante et à Pétrarque ; on sait l'importance que Dante attache au chiffre 9 dans la Vita nuova * ; lé souci qu'il a du symbolisme des nombres est encore plus saisissant dans la composition de la Divine Comédie » ; Pétrarque, lui aussi, croyait à la vertu et à
Ars. BL. 6512). Taillemont est un disciple de Scève, dont il fait l'éloge
Sève at produi du Laurier borg'ons vers
Dont meints rameaus avant l'Arbre ont corone,
Maes mon advis, por le mieus, an corone :
Sève premier le père de nots vers :
Car si leur vol prènentpar l'univers
Fureurs, amours, è tote leur seqelle,
Etre ne peut que sus l'aele de celle
Dont amplumés se sont oèzeaus divers :
Celle je di qi de son cler revers
Clere Délie, d'ignorance a rompue
La nue au nos; maes par clarté reçue
De son soleil pénétrant a travers.
1. Scève se souvient ici d'un passage du Convivio de Dante. Ce dernier remarque (éd. Sonzogno, 1897, p. 192), que la Providence avait tout préparé d'avance pour la venue du Christ sur la terre. Quand il créa la race de David, d'où devait naître Marie, il envoya Enée fonder Rome : preuve de l'élection de Rome pour être la cité sainte du Christ. Les astrologues prouvent par leurs calculs que jamais l'état du ciel ne fut plus favorable; jamais jusque là le monde n'avait été mieux gouverné, puisqu'il était tout entier sous l'autorité d'un seul homme. Et Dante ajoute : « Pau universale era per tutlo, che mai più non fu né fia : che la nave dell' umana compagnia dirittamente per dolce cammino a debito porto correa. t Or le Microcosme de Scève, c'est Adam, figure du Christ, auquel l'auteur fait une invocation à la fin du poème, et qui est l'archétype du monde. Il faut entendre symboliquement les vers de Scève ; car on ne voit guère à quelle date le monde de son temps jouit de la paix universelle.il déroute volontairement le lecteur.