XXVIII INTRODUCTION
quePontus deTyard, dans ses Discours philosophiques », a exprimé bien des idées familières à son « extrêmement aimé amy • » Scève, qu'on n'oublie pas de quelle importance les théories musicales sont dans ces Discours, où elles sont précisément considérées dans leurs rapports avec la poésie '.
L'intention symbolique de la Délie se révèle d'ailleurs extérieurement par la disposition mathématique du recueil que Brunet ière a le premier remarquée * : « Qu'il y ait là dedans, dit-il, de la Cabale, ainsi qu'on dit familièrement, nous n'en pouvons guère douter. » Oui, certainement ; et même il faut prendre le mot Kabbale dans son entière et primitive acception. La Kabbale et les sciences occultes ont influencé la conception poétique de Scève. Dès 1525, avait paru à Venise l'ouvrage symbolique et cabalistique de Fr. Georges s ; Léon Hébreu, dont Scève connut certainement les Dialoghi d'Amure , est un cabaliste ; et Taillemont, le disciple de Scève, en est un également, lorsque, faisant de sa dame un symbole divin, il parle de « son sainct nom Tétragramme 6 ». On ne peut douter de l'intention cachée sous la disposition mathématique de la Délie ; elle n'est pas un pur hasard dans l'œuvre de Scève. Plus tard, en 1562, il écrira le Microcosme en trois livres, de chacun 1 .000 vers exactement,
1. Solitaire premier (1552). Solitaire second (1555). Sceve, ou Discours du Temps, de l'An & de ses Parties (1556). Premier Curieux (1557). Second Curieux (1578). — Une édition qui réunit tous ces ouvrages parut en 1587 sous le titre : Les Discours philosophiques de Pontus de Tyard, seigneur de Bissy, & depuis Evesque de Chalon, à Paris, chez Abel l'Angelier... 1 587, in-40. Le Solitaire premier est particulièrement intéressant pour le symbolisme.