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CIX

Mars amoureux voulut baiser ma Dame ', Pensant que fust Venus sa bien aymée.

Mais contre luy soubdain elle s'enflamme, Et luy osta son espée enfumée.

Quand je la vy en ce poinct estre armée. Fais, dy je lors, de ceste Cymeterre, Que je descende avec mes maulx soubz terre.

Va : ta demande est, dit elle, importune. Car j'en veulx faire a tous si forte guerre, Qu'aulcun n'aura sur moy victoire aulcune.

De l'Arc d'Amour tu tires, prens, & chasses Les cœurs de tous a t'aymer curieux :

Du Bracquemart de Mars tu les deschasses

Scesoè tal'hor dal ciel'in terra Marte Per veder sol costei, che hà tanta fama, Lassando la sua Venere in disparte...

Cf. aussi Cl. Marot, Epigr. cm (éd. Jannet, III, 44). ChezMarot, c'est Cupidon qui prend par erreur pour sa mère la dame aimée du poète.

2. Cf. Jardin de Plaisance & Fleur de Rethorkque... Lyon, Martin Boullon, in-4, goth. sans date, fol. 6} r° :

Vostre œil qui est si fort a dextre Au commandement de chascun Vousfaict avoir a port commun Des serviteurs sans les congnoistre.

Car soit a dextre ou a senestre Il n'en espargneroit pas ung.

Cf. aussi Cl. Marot, Epigr. lxiv (éd. Jannet, III, 28).

Tant, que nul n'est sur toy victorieux.

Mais veulx tu faire acte plus glorieux, Et digne asses d'éternelle mémoire ?

Pour t'acquerir perpétuelle gloire, Rendx son espée a ce Dieu inhumain, Et a l'Archier son arc fulminatoire, Et tes Amantz fais mourir de ta main.

Lors que le Soir Venus au Ciel r'appelle ',

Portant repos au labeur des Mortelz,

Je voy lever la Lune en son plain belle,

Ressuscitant mes soucvs immortelz,

Soucys, qui point ne sont a la mort telz,

Que ceulx, que tient ma pensée profonde. [54]

O fusses tu, Vesper, en ce bas Monde, Quand celle vient mon Enfer allumer.

Lors tu verroys, tout autour a la ronde, De mes souspirs le Montgibel 2 fumer.

Longue silence, ou je m'avainissoys 3

Hors la memoyre & des Dieux, & des hommes,

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