CCXXVIII
Tout en esprit ravy sur la beaulté
De nostre ciecle & honneur, & merveille.
Celant en soy la doulce cruaulté,
Qui en mon mal si plaisamment m'esveille,
Je songe & voy : & voyant m'esmerveille
De ses doulx ryz, & élégantes mœurs. [I0^J
Les admirant si doulcement je meurs, Que plus profond a y penser je r'entre : Et y pensant, mes silentes clameurs Se font ouyr & des Cieulx, & du Centre '.
Dens son poly ce tien Cristal opaque, Luisant, & cler, par opposition Te reçoit toute, & puis son lustre vacque A te monstrer en sa reflexion 2.
Tu y peulx veoir (sans leur parfection) Tes mouvementz, ta couleur, & ta forme.
Mais ta vertu aux Grâces non diforme Te rend en moy si représentative, Et en mon cœur si bien a toy conforme Que plus, que moy, tu t'y trouverois vive.
CCXXIX. — i. IJ44 et 1^64 portent ie tien, faute évidente. — 2. Luysant
Pour le sens de ce mot Centre, voir plus loin diz. 3 30, note.
Cf. Serafino (éd. 1548), fol. 133 v° :
Non resta in te costei specchio si saldo, Che à imprimar te sua forza non arriva, Ah che'l suo sguardo è come il ferro saldo, Che imprime, è lassa il segno in carne viva.
léO DELIE
Quand je te vy orner ton chef doré ', Au cler miroir mirant plus clere face, Il fut de toy si fort énamouré, Qu'en se plaingnant il te dit a voix basse : Destourne ailleurs tes yeux, 6 Toultrepasse