CCCXII. — 2. fascheux — 4. dépend — 10. fuys
Qu'en un sainct feu ensemble ilz s'allumèrent,
Pour estre veu de tous publiquement,
Duquel l'ardeur si moins iniquement
Et Cœur, & Corps jusqu'aux] mouellesgaste, [Mlj
D'un penser chaste en sorte je l'appaste
Pour antidote, & qui peult secourir,
Que bien souvent ma Cruelle se haste,
Playant mon cœur, d'un soubris le guérir.
Souvent Amour suscite doulce noise ', Pour tout a celle uniquement complaire, Qui a m'occire est tousjours tant courtoise : Que ne luy veulx, & ne scauroys desplaire : Et si m'en plaings, & bien m'en vouldrois taire. Tant est fascheux nostre plaisant débat. Et quand a moy son droit elle débat, Mon Paradis elle ouvre, & lors m'appaise, Pour non donner aux envieux esbat :
Parquoy je celé en mon cœur si grand aise.
Je m'ayme tout au desdaing de la hayne 2, Ou toutesfois je ne l'ose irriter,
CCCXIII. — 6. i$4f et 1 564 portent Infinité jusqu'au mouellcs (/ j6./ moùellcs) — io. soub-ris
CCCXIY. — 1. noysc — j. courtoyse — 4. scaurois — 8. ifjf porte la faute m'appaisse
DIZAINS CCCXIV-CCCXVI 21 5
Si doulcement elle est de courroux plaine, Que contre soy se prent a despiter :
Dont tout plaisir je me sens conciter, Et n'est possible en fin que je m'en taise.
Parquoy couvrant en mon cœur ce grand aise, Oui ne me peult détenir en ma peau, Je vois a elle, & m'accuse, & l'apaise, Lors l'air troublé soudain retourne en beau l.