Pour comprendre ce dizain, voir le son. de Pétrarque
Tra quantunque donne leggiadre e belle...
«t, bien qu'il soit postérieur à la Délie, le son . de Ronsard (A?nours, I, cxjii, éd. Blanchemain, I, 64) :
Je vey ma nymphe entre cent damoiselles.
Scèveet Ronsard ont-ils suivi un modèle commun autre que Pétrarque ? Je suis porté à le croire, parce que tous deux parlent de l'hiver, dont il n'est nullement question dans le sonnet de Pétrarque. Mais je n'ai pu trouver cette source commune.
CCCLII [161]
Non moins ardoir je me sens en l'absence Du tout de moy pour elle me privant, Que congeler en la doulce présence, Qui par sesyeulx me rend mort, & vivant.
Or si je suis le vulgaire suyvant, Pour en guérir, fuyr la me fauldroit.
Le Cerf blessé par l'archier bien adroit • Plus fuyt la mort, & plus sa fin approche. Donc ce remède a mon mal en vauldroit2 Sinon, moy mort, désespéré reproche.
Sa vertu veult estre aymée, & servie, Et sainctement, & comme elle mérite, Se captivant l'Ame toute asservie, Qui de son corps en fin se déshérite : Lequel devient pour un si hault mérite Plus desséché, qu'en terre de Lemnos 3.
CCCLII. — 9. Je propose de lire : a mon mal ne vauldroit. Voir ci-dessous n. 2. — 1)44 e* ! 564 ont un point après vauldroit (faute évidente) .
CCCLKI. — 5. IJ44 et 1)64 portent un point après mérite (faute évidente) — 6. desseiché
2. La tournure ne vauldroit sinon désespéré reproche se comprend fort bien : Un tel remède apporté à mon mal n'aurait d'autre résultat que le reproche inutile de ma mort. — Au contraire, en vauldroit n'a aucun sens.
3. Cf. Le Mirouer des Apothiquaires, Lyon.Thibaud Payen, s. d., non paginé (l'auteur est Symphorien Champicr, contemporain de Scève, et très probablement son ami): « De Terra lennia que nous disons terra sigillata, laquelle seulement venoit en l'isle de Lemno, sigillée du scel de Dyamne la ou fus Galien laquelle doibt estre rouge... & celle que nous usons c'est argille, de nulle ou bien peu d'efficace, & incongneue a nous... » — Rabelais, liv. IV, chap. i.iv : « En l'ilede Lemnos la terre sphragitide... » — L'Hist. Na titrait di Ferrante Lnperato, Venise, 1671,
DIZAINS CCCLII-CCCLIV 245
Et luy estant jà reduict tout en os1, N'est d'aultre bien, que d'espoir revestu.
Je ne suis point pour ressembler Minos, Pourquoy ainsi, Dictymne, me fuis tu* ?
Quand (ô bien peu) je voy auprès de moy Celle, qui est la Vertu, & la Grâce : Qui paravant ardois en grand esmoy, Je me sens tout reduict en dure glace *
Adonc mes yeulx je dresse a veoir la face, Qui m'a causé si subit changement: [^2]
Mais ma clarté s'offusque tellement, Que j'ars plus fort en fuyant ses destroitz : Comme les Montz, lesquelz communément Plus du Soleil s'approchent, plus sont froidz*.