Sannazar, Rime, parte II, son
Madonna, quel soave, onesto sguardo Ch'usciodi vostre luci altère, e sole, In un punto abbagliô coi raggi il sole ; Et me feri d'un' invisibil dardo. . .
2. Il s'agit sans doute d'une croyance bizarre relative à une plante qui aurait guéri les serpents. Le mot dorion est donné par Mérat et de Lens, Dictionnaire universel de matière médicale et de thérapeutique, Paris, Baillière, 1829-1846, et par le Dictionnaire des sciences naturelles, Paris, Le Normand, 1816-1845, comme le nom d'un des fruits de Yannona muricata. — On le trouve encore sous la forme durion dans
l'Histoire des drogues, épiceries et de certains médicaments simples qui naissent es Indes et en V Amérique. .. le tout fidcllement translaté en français par Antoine Colin, Lyon, 1602 (nouv. édition, Lyon, 1619). On lit à la p. 451 de la 1" édition : « Ce fruict est en si grande estime parmy ceux qui ayment les bons morceaux qu'ils pensent que personne n'en peut estre rassasié ; voila pourquoy ils luy donnent divers surnoms et épithètes. Il me souvient d'avoir vu un Epigramme composé par un excellent Poëte à la louange de ce fruict, lequel (si le lieu permettoit de le transcrire) je m'asseure qu'il agréerait beaucoup au Lecteur. » Mais dans tout cela, je ne vois pas qu'il soit question de la guérison des serpents. Pontus de Tyard (Err. Amour, III, fin du son. 25) parle de la vertu de la plante citée par Pline sous le nom de dorienion (Pline, XXI, xxxi et XXVIII, x):
Si tes beaux yeulx & ta douce parolle
Du fol venin sont le Dorienion.
Remy Belleau, dans ses Amours & nouveau* Escbangcs des Pierres précieuses... dit (pièce sur l'Emeraude) :
. . .& si l'œil Des petits coulcvreaux se rouille, Devestant leur vieille despouille, Se guarist mangeant du fenoil.
C'était une vieille croyance, qu'on trouve déjà dans Vincent de Beauvais, et qui remonte à Pline l'Ancien.
Les tristes Sœurs plaingnoient l'antique offense Quand au plus doulx serain de nostre vie Desdaing s'esmeut pour honneste deffence Contre l'ardeur de nostre chaste envie 2 : Et l'espérance en long temps poursuwie Ne nous peut lors, tant soit peu, alléger.
O vaine foy, ô croire trop léger ?, Qui vous reçoit se tait son mortel hoste : Pour non povoir ce malheur abréger.
Qui le doulx bien de liberté nous oste.