‹ Delie, object de plus haulte vertu;Chapitre 170 sur 372 · DIZAINS CLVIII-CLIX · texte numérisé non relu

DIZAINS CLVIII-CLIX

eux

Si de sa main ma fatale ennemye, Et neantmoins délices de mon Ame, Me touche un rien, ma pensée endormye Plus, que le mort soubz sa pesante lame, Tressaulte en moy, comme si d'ardent flamme, Lon me touchoit dormant profondement.

Adonc l'esprit poulsant hors roidement La veult fuyr, & moy son plus affin, Et en ce poinct (a parler rondement) Fuyant ma mort, j 'accélère ma fin ^

I. Pour ce dernier vers, et l'emblème, cf. Pétrarque, son. I dolci coin... :

E quai cervo ferito di saetta

Col ferro avelenato dentro al fianco

Fugge, e piu duolsi, quanto piu s'afFretta...

Cf. Delie^ diz. 352. — Le même emblème, avec une autre sentence, se trouve dans VHecatongraphie de G. Corrozet (1541) au fol. E yv».

DELIE

Estes vous donc, ô mortelz esbays

De si estrange, & tant novelle chose ? Elle à le Ciel serainé au Pays

Pour mieulx troubler la paix en mon cœur close. 5 Et son doulx chant (si au vray dire Tose,

Et sans me plaindre il me faille parler) [76]

A tranquillé la tempeste par l'air

Pour Tenvoier prendre possession

En ma pensée, & la renoveller 10 Ma tempesteuse, & longue passion.

Seul avec moy, elle avec sa partie :

Moy en ma peine, elle en sa molle couche^. Couvert d'ennuy je me voultre en l'Ortie, Et elle nue entre ses bras se couche . «î Hà (luy indigne) il la tient, il la touche :

Elle le souffre : &, comme moins robuste, Viole amour par ce lyen injuste,

CLX. — I. esbahys (T) — 2. nouvelle — 8. l'envoyer — 9. renouveller

Page 1