Pétrarque, son. Mira quel colle
DELIE
Et, sans mourir, prouver l'esperience.
Comment du Corps l'Ame on peult deslyer, 5 Vienne ouyr ceste, & ses dictz desplier Parolle saincte en toute esjouissance s En qui Nature à mis pour sa plaisance Tout le parfaict de son divin ouvrage, Et tellement, certes, qu'a sa naissance lo Renovella le Phœnix de nostre aage^.
Combien encor que la discrétion,
Et jugement de mon sens ne soit moindre,
CCLXXVIII. — 3. l'expérience — 6. esjouyssance — 10. Renouvella CCLXXIX. — I. encor'
Hor tu, c^haiposto te stesso in ohlio
E parlial cor pur, corne fosse horteco,
Ch'al dipartir del tuo sommo desio
Tu te n'andasti, e si rimase seco. . .
Voir encore Léon Hébreu, p. 306 sqq. ; « Quand l'amant est en ecstase, contemplant sur ce qu'il aime, il n'a nul soing ou mémoire de soy-mesme, & ne fait, pour son égard, aucune œuvre naturelle, sensitive, motive, ou raisonnable : ainçoys est du tout aliène de soymesme, & est faict du propre de ce qu'il aime & contemple : en quoy il se convertit totalement. Car l'essence de l'ame est son propre acte : & si elle s'unit pour contempler entièrement un object, son essence se transporte en iceluy : & cela est sa propre substance : tellement qu'elle n'est plus ame & essence de celuy qui aime, ains seulement espèce actuelle de la personne aimée... »
1. Pétrarque, son. Pasco la mente d'un si nohil ciho.,, Qt Onde toise amor.,.
2. Ce dizain s'inspire des quatrains d'un sonnet de Lodovico Martelli (Rime, Venise, 1533), fol. A iiii v° :
Chi vuole odire angelica armonia D'ogn'alta Iode assai piùch'altra degna Ad ascoltare intentamente vegna I dolci canti di la Donna mia.
Chi vuol provar, com'un se stesso ohlia Suoi detti ascolte, et l'amorosa insegna Ch'è nel bel petto, miri, ov'è chi'nsegna Corne dal corpo l'anima si svia.