DIZAINS CCXCVIII-CCCI
Pour non ainsi te descouvrir soubdain L'entier efFect de ce mien triste dueil, Naist le plaisir, qui se meurt par desdain, Comme au besoing n'ayant eu doulx accueil, S Et defFaillant la craincte, croist mon vueil, Qui de sa joye en moy se désespère.
Donc si par toy, destinée prospère, Le cœur craintif, (comme tu m'admonestes) Tousjours plus m'ard cependant, qu'il espère, 10 Digne excuse est a mes erreurs honnestes^
CGC
Par mes souspirs Amour m'exhale l'Ame, Et par mes pleurs la noye incessamment. Puis ton regard a sa vie l'enflamme, Renovellant en moy plus puissamment.
$ Et bien qu'ainsi elle soit plaisamment,
Tousjours au Corps son tourment elle livre, [138] Comme tous temps renaist, non pour revivre Mais pour plus tost derechef remourir : Parquoy jamais je ne me voy délivre 10 Du mal, auquel tu me peux secourir.
ceci
On me disoit, que pour la converser,
CGC. — I . m^exale (T) — 4. Renouvellant — 10. peulx