‹ Delie, object de plus haulte vertu;Chapitre 314 sur 372 · DIZAINS CCCXXXIX-CCCXL · texte numérisé non relu

DIZAINS CCCXXXIX-CCCXL

A celle fin, que la persévérance Tousjours me poulse a si heureux deduytz, Comme elle sçait, qu'en fidèle asseurance, Celant mon feu, a bon Port le conduys.

Avoir le jour nostre Occident passé S Cédant icy a la nuict ténébreuse, Du triste esprit plus, que du corps lassé. Me sembla veoir celle tant rigoureuse Monstrer sa face envers moy amoureuse, Et en tout acte, oultre l'espoir privé.

Mais le matin (trop hastif) m'à privé De telz plaisirs, ausquelz, comme vent vistes, J'estoys par vous, traistres yeulx, arrivé, Qui cloz mon bien, & ouvertz mon mal vytes^.

CCCXXXIX. —8. deduitz

1. Cf. Délie, diz. 355. — Voici encore un des lieux communs de l'époque. Voir Chariteo (éd. Pèrcopo, II, 17); Serafino (éd. Menghini, p. 98, son. Lx) :

Quella che suol da me lontana starse É qui venuta in sogno a consolarmi, Anzi a più foco et a più doglia darmi... Che l'impio sol che si veloce apparse Invido del mio ben volse svegliarmî, E quando in lei piacer credea pigliarmi lo strinsi el vente, e lei col sonno sparse. Helisenne, Angoisses^ fol. 13 r°: «O faschée femme du vieil Titon, qui

te meult d'estre si prompte d'exiter le bel Apollo a illuminer la terre ? ...

O fascheuse que te nuysoit le singulier plaisir que le gracieux dormir me

prestoit, qui me faisoit croire estre vray, que par le veiller m'est exibé

contraire? »

2. Ces derniers vers sont empruntés à une pièce de la Fleur de Poesit françoyse^ parue en 1542 (Sij'ay du bien (helas) c'est par mensonge,,,) :

O pauvres yeulx ou estes vous reduictz ? Clox, vous voyex, tout ce qui vous contente^ Et descouvertx. ne voye\ rien c[u^ennuit%. Cette pièce est attribuée à Saint-Gelays (éd. Blanchemain, I, 107).

DELIE

CCÇXLI

Quasi moins vraye alors je Tapperçoy, Que la pensée a mes yeulx la présente, Si plaisamment ainsi je me deçoy.

Comme si elle estoit au vray présente : Bien que par foys aulcunement je sente Estre tout vain ce, que j'ay apperceu.

Ce neantmoins pour le bien jà receu, Je quiers la fin du songe, & le poursuis, Me contentant d'estre par moy deceu, Pour non m'oster du plaisir, ou je suis^

Quand quelquesfoys d'elle a elle me plaings^. Et que son tort je luy fais recongnoistre, De ses yeulx clers d'honneste courroux plains Sortant rosée en pluye vient a croistre3.

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