‹ Delie, object de plus haulte vertu;Chapitre 340 sur 372 · CCCLXXVIII · texte numérisé non relu

CCCLXXVIII

La blanche Aurore a peine finyssoit D'orner son chef d'or luisant, & de roses, Quand mon Esprit, qui du tout perissoit Au fons confus de tant diverses choses. Revint a moy soubz les Custodes closes Pour plus me rendre envers Mort invincible.

CCCLXXVII. — I. luysant —7. assez CCCLXXVIII. — I. finissoit(T) et 1^64 — 2. luysant

I. Cf. le Blason sur le jaune paillé, dans Blasons, poésies anciennes des XV^et XVI' siècles, par M. D. MM***[Mcon]. Paris, Guillemot, 1809, 301-302 :

Aussi porte la jouissance Ceste couleur pour son blason, Et Charlotte ayant cognoissance

De ce, m'en fist hier un don

Pour l'allégorie des couleurs, cf. Serafino (éd. Menghinî, p. iio-iii), Délie, diz. 2<ï^, et Mario Equicola, Nat. d'AmorCylib. V, fol. 171 v° sqq.

DIZAINS CCCLXXVII-CCCLXXX 259

Mais toy, qui as (toy seule) le possible De donner heur a ma fatalité.

Tu me seras la Myrrhe incorruptible Contre les vers de ma mortalité.

CCCLXXIX [173]

Bien qu'en ce corps mes foibles esperitz Ministres soient de Taure de ma vie % Par eulx me sont mes sentementz periz Au doulx pourchas de liberté ravie :

Et de leur queste asses mal poursuyvie Ont r'apporté T espérance affamée Avec souspirs, qui, comme fouldre armée De feu, & vent, undoyent a grandz flotz.

Mais de la part en mon cœur entamée Descend la pluye estaingnant mes sanglotz.

Pour esmovoir le pur de la pensée ^, Et l'humble aussi de chaste affection, Voye tes faictz, ô Dame dispensée

CCCLXXIX. — assez CCCLXXX. — I. esmouvoir

1, Souvenir de Pétrarque, son. L'aura gentil.,, ^ V aura soave..,^ etc.

2. Thomas Sebilet, dans son Art poétique de 1548 (éd. GaifFe, p. 64), cite ce dizain pour la richesse de ses rimes.

DELIE

A estre loing d'humaine infection :

5 Et lors verra en sa parfection

Ton hault cœur sainct lassus se transporter : Et puis cy bas Vertus luy apporter Et TAmbrosie, & le Nectar dés Cieulx, Comme j'en puis tesmoingnage porter lo Par jurement de ces miens propres yeulx»

CCCLXXXI

Je sens en moy la vilté de la crainte Movoir l'horreur a mon indignité Parqui la voix m'est en la bouche estaincte Devant les piedz de ta divinité ^ 5 Mais que ne peult si haulte qualité

Amoindrissant, voyre celle des Dieux ? [^74]

Telz deux Rubiz, telz Saphirs radieux ^ : Le demourant considération, Comme subject des délices des Cieulx, lo Le tient caché a l'admiration.

CCCLXXX — 9- tesmoignage CCCLXXXI. — I . craincte — 2. Mouvoir

1. Cf. Delîe, diz. 564, n. i, et Pétrarque, son. Pîu volte gia dal bel semblante... et Vaura soave al sole spiega...

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