‹ Delie, object de plus haulte vertu;Chapitre 348 sur 372 · I. Cf. Delicy diz. 52 (et les notes · texte numérisé non relu

I. Cf. Delicy diz. 52 (et les notes

DIZAINS CCCCII-CCCCIV

Tout le jour meurs voyant celle présente S

Qui m'est desoy meurdryerement bénigne.

Toute nuict j'ars la désirant absente.

Et si me sens a la revoir indigne.

Comme ainsi soit que pour ma Libytine

Me fut esleue, & non pour ma plaisance. [184]

Et mesmement que la molle nuisance De cest Archier superbement haultain Me rend tousjours par mon insuffisance D'elle doubteux, & de moy incertain.

Tant plus je veulx d'elle me souvenir, Plus a mon mal, maulgré moy, je consens. Que j'aurois cher (s'il debvoit advenir) Que la douleur m'osta plus tost le sens Que la mémoire, ou reposer je sens Le nom de celle, Amour, ou tu regnois Lors qu'au besoing tu me circonvenois, Tant qu'a la perdre a présent je souhaicte.

CCCCIII. — 2. meurdrierement — 1^44 donne meudryerement (faute évidente) — 7. nuysance CCCCIV. — 8. je souhaitte

I. Cf. Délie, diz. 138. — Souvenir d'un sonnet de Lodovico Martelli, i^mg (Venise, 1553, fol. Aiiiiv°) :

Tutto il di desioso, et lieto miro Le celesti bellezze al mondo sole :

Poi quando lassa noi partendo il sole, Per ch'io lasso il mio ben, piango et sospiro . . . — Ce dizain est la suite du précédent.

DELIE

Car si en rien je ne m'en souvenois, 10 Je ne pourrois sentir douleur parfaicte.

Heur me seroit tout aultre grand malheur Pour le desastre influant ma disgrâce.

Ou Apollo ne peult par sa valeur.

Ne la Fortune opulentement grasse.

5 Car sa rigueur incessamment me brasse

Novelle ardeur de vains désirs remplye.

Parquoy jamais je ne voy accomplye La voulenté, qui tant me bat le poulx, Que la douleur, qui en mon front se plye, 10 Tressue au bien trop amèrement doulx.

CCCCVI [185]

Haultain vouloir en si basse pensée, Haulte pensée en un si bas vouloir Ma voulenté ont en ce dispensée. Qu'elle ne peult, & si se deubt douloir. y Pource souvent mettant a nonchaloir

Espoir, ennuy, attente, & fascherie, Veult que le Cœur, bien qu'il soit fasché, rie Au goust du miel [tous] mes incitementz : Et que le mal par la peine chérie 10 Soit trouvé Succre au fiel de mes tourmentz.

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