‹ Delie, object de plus haulte vertu;Chapitre 347 sur 372 · Cf. Serafino (éd. 1548), fol. 143 v · texte numérisé non relu

Cf. Serafino (éd. 1548), fol. 143 v

Mentre uno acceso raggio hà in se l'ardore Sempre va in alto, e mentre ha foco ha vita, Ma poi che extinto a terra casca è more, Che spento il foco, è sua virtu finita, Cosi brusando io vivo, e inalzo il core Mancato il foco in me l'aima è transita. Ma se tal foco drento non se smorza Presummo ardendo il ciel toccar per forza.

DELIE

CCCXCVIII

Violenté de ma longue misère Suis succumbé aux repentins efFortz, Qu'Amour au sort de mes malheurs insère, AfFoiblissant mes esperitz plus forts.

5 Mais les Vertus passementantz les bords,

Non des habitz, mais de ses mœurs divines, Me serviront de doulces médecines, Qjui mon espoir me fortifieront :

Et lors je croy, que ses grâces bénignes 10 Dedans mon cœur la déifieront.

Mais que me sert sa vertu, & sa grâce, Et qu'elle soit la plus belle du Monde, Comprenant plus, que tout le Ciel n'embrasse En son immense, en sa rondeur profonde ? 5 Car puis qu'il fault, qu'au besoing je me fonde

Sur les secours en mes maulx pitoyables, [182] Mes passions certes espamoyables Vaincues jà de mille repentences.

Veulent d'effectz remèdes favorables, 10 Et non unguentz de frivoles sentences.

Quand l'allégresse aux entrailles créée De son désir du tout ressuscité,

CCCXCVIII. — 4. fortz CCCXCIX. — $. besoin

DIZAINS CCCXCVIII-CCCCI

Doibt appaiser, comme ame recréée.

Les passions de sa félicité.

Se defFaict toute en la diversité.

Et en l'ardeur de son contentement.

Parquoy voulant tirer le sentement Hors du repos de consolation, Luy fourragé par Tesbabyssement, Umbre me rend de la confusion.

Tant occupez aux conditions d'elle ^ Sont mes espritz, qu'ilz y sont transformez : Et tellement contrainctz soubz sa cordelle, Qu'en leur bonté naifve bien formez.

De leur doulceur sont ores defformez.

Et tant dissoulz en sa rigueur suprême, Qu'en me bayant de toute hayne extrême. Comme me hayt sa gracieuseté, Je me suis fait ennemy de moymesme, Pour tout complaire a son impiété.

CCCCI — 4. nayve

I. Sur le sens de ce mot conditions, cf. ce passage de Gruget, Dialogues de Messire Speron Sper one.., P^ris, Vincent Sertenas, 15 51, fol. 30 v°- 31 r° : « Encor que la dame aymée porte naturelle afection à son amant, selon qu'il se monstre envers elle affectionné, si est ce qu'elle ne rencontre pas souvent le comble de ses désirs : car en discourant & notant songneusement de poinct en poinct les condicions de son amant, qui paraventure ne sont si excellentes, comme il luy semble qu'elle les mérite, à la fin elle en choisira la hayne... » — Voir la note du diz. 428 : « le suc divine conditioni ».

Délie.

DELIE

La roue en fin le fer assubtilie % Et le rend apte a trancher la durté.

Adversité qui l'orgueil humilie.

Au cœur gentil de passion hurté 5 Fait mespriser fortune, & malheurté, Le reservant a plus seconde chose.

Mais mon travail sans entremesler pose A mon souffrir, m'aiguise par ses artz Si vivement, que (si dire je l'ose) 10 Tout le jour meurs, & toute la nuict ars.

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