I. Pétrarque
Solo e pensoso i piu deserti campi
Vo misurando a passi tardi e lenti.
Ce n'est pas Pétrarque que suit ici M. Scève, mais Bembo, qu'il traduit mot à mot dans le dernier vers (Venise, 1535, fol. 15 r** ; son. SoUngo augello se piangendo vai) :
Privo di tutto son [io] d'ogni mio bene
Et nudo et grave et solo et peregrino
Vo misurando i campi et le mie pene.
DIZAINS CCCCXXIV-CCCCXXVII
En une fin sans jamais se resouldre :
5 Je ne me puis (pourtant) d'erreur absouldre, Cherchant tousjours par ce Monstre terrible De veoir en mo)^ quelque deffault horrible Trop plus asses, qu'en mon Rival, régner : Comme Ion scait, qu'avecques l'impossible 10 J'accuse aultruy pour tout me condamner.
CCCCXXVI
Finablement prodigue d'espérance, Dont estre avare est tresgrande vertu % De fermeté, & de persévérance Me suis quasi de tous poinctz devestu,
5 Estimant moins tout espoir, qu'un festu,
Fors seulement pour l'Amant esprouver : [i94] Non que je vueille, en effect, reprouver Ce bien, voyant que ne le puis acquerre : Mais seurement celluy ne peult trouver
10 En aultruy paix, qui a soy donne guerre ^,
CCCCXXVII
Force me fut (si force se doibt dire De se laisser a ses désirs en proye) De m'enflamber de ce dueil meslé d'ire, Qu'Amour au cœur passionné ottroye, 5 Quand je me vy (non point que je le croye,