CCCCXXV. — 6. Gerchant — 8. assez
1. Souvenir de Sperone Speroni. Voir la note du diz. 428 : «la speranza? di che è virtu l'essere avaro ».
2. Idem. Voir la note du diz. 427: « malpuô trovar pace in altrui, chiunque da guerra à se stesso ».
Délie. iq
DELIE
Et si le cuyde) estre d'elle banny.
Est ce qu'ailleurs elle prétend ? nenny : Mais pour errer, comme maladvisé.
Aussi comment serois je a elle uny, Qui suis en moy oultrément divisé ' ?
CCCCXXVIIl
Quoy que ce soit, amour, ou jalousie^ Si tenamment en ma pensée encrée :
Je crains tousjours par ceste phrenesie, Qjj'en effect d'elle a aultruy trop n'agrée Chose par temps, & debvoir consacrée A mon mérite en palme de ma gloire.
Car tout ce mal si celément notoire Par l'aveuglée, & doubteuse asseurance, A mon besoing se fait de paour victoire Avecques mort de ma foible espérance.
CCCCXXVII. — 8. mal ad visé — 9. serois- je
1. Pétrarque, son. Gli occhi di cWio parlai... e'I visa, che m^havean si da me stesso diviso... Cette division est produite par la lutte entre la crainte et l'espoir. — Voir sur ce point Sperone Speroni, dont les Dialogues avaient paru pour la première fois à Venise en 1542, et que Scève suit, imite ou traduit dans toute cette fin de la Délie (édit. 1542, fol. 10 v° et 11 r**)
«Cosî più ama colui, il quale spera et non terne, che quello non fa, ne cui petto pàrtito combattono insieme due cotali adversarii, et vinca pu chi si voglia, che non hen sarà unito alla cosa amata chi è diviso ira se, el malpuôtrovar pace inaltrui, chiunque da guerra à se stesso. »
2. Ce dizain, comme beaucoup de ceux qui suivent, a été inspiré par la lecture du i^'^ dialogue de Speroni. Deux amants, Tasso et Tulliar discutent de la jalousie qu'ils éprouvent mutuellement. Le seigneu, Gratia leur démontre que leur jalousie est amour vrai, et Tasso ajoute (1542, fol. 9 v°) : « Non d'altra foggia c in me fattala gelosia, che la si provi la mia signora, ma di grado molto maggiore délia sua : percioche oltra le sue divine conditioni, oltra Voccasione che ogrCun che Varna ha di esser con lei, il partirmi contra sua voglia mi fa temere, che poste da parte le mie vere ragioni, dubitando ch'io la tradisca, non fàccia prova di vendicarsi... » et plus loin (fol, 10 r°) : « Ma chiunque teme ove et quando egli devrebbe sperare, et diffidando di se medesimo, à guisa di prodigo, dona altrui la speranza, di che è virtu l'essere avaro. »
DIZAINS CCCCXXVIII-CCCCXXX 29 1
CCCCXXIX
Ja soit ce encor, que Timportunité
Par le privé de fréquentation
Puisse polir toute rusticité
Tant ennemye a réputation :
Et qu'en son cœur face habitation
A la vertu gentilesse adonnée,
Estant en mœurs mieulx conditionée.
Que nul, qui soit quelque part, qu'elle voyse :
Elle est (pourtant) en amours si mal née,
Que plus y hante, & moins s'y apprivoyse.
Quoy qu'a malheur je vueille attribuer Coulpe, ou deffault, qui a mon vueil conteste.
CCCCXXIX. — I. Ja-soit — 6. gentillesse — 7. conditionnée
DELIE
Si me fault il du cœur contribuer A mon dommage asses, & trop moleste, Pour parvenir au bien plus, que céleste, Comme je croy, que me sera cestuy.
Car patience est le propice Estuy, Ou se conserve & foy, & asseuranee.
Et vrayement n'est point aymant celluy, Qui du désir vit hors de l'espérance ^
CCCCXXXI
Respect de toy me rendant tout indigne. Pour révérer l'admirable prestance De ta nature humainement bénigne.
Me fait fuyr ta privée accoinctance ^ Par craincte plus, que non point pour doubtance De tes doulx arcz, me povant garder d'eulx.
Mais tout coeur hault, dont du mien je me deulx. En ce combat d'amoureux desplaisir Vit un long temps suspendu entre deux, L'espoir vainquant a la fin le désir.