DIZAINS LVII-LIX
Quand j'apperceu au serain de ses yeulx L'air esclarcy de si longue tempeste, Jà tout empeinct au prouffît de mon mieulx, Comme un vainqueur d'honnorable conqueste,
5 Je commençay a eslever la teste :
Et lors le Lac de mes novelles joyes Restangna tout, voire dehors ses voyes Asses plus loing, qu'onques ne feit jadis. Dont mes pensers guidez par leurs Montjoyes \
lo Se paonnoient tous en leur hault Paradis.
Taire, ou parler soit permis a chascun, Qui libre arbitre a sa voulenté lye.
Mais s'il advient, qu'entre plusieurs quelqu'un Te die : Dame, ou ton Amant se oblye, 5 Ou de la Lune il fainct ce nom Délie
Pour te monstrer, comme elle, estre muable ^ :
LVIII. — I. j'aperceu (T) — yeux (T) — 6. nouvelles — 7. tout (sans virgule)