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Quelle était sa destination ? On a pensé que ce pouvait être le: prytanée de Delphes. Il n'est pas sûr que le prytanée d'Athènes auquel on a comparé la tholos de Delphes, ait bien eu la forme ronde et les recherches récentes ont montré qu’il n'existait pas, au centre de l'édifice delphique le foyer qu’on attendrait dans un prytanée. De plus, il n’est guère vraisemblable que le prytanée de Delphes ait été situé dans une sorte d’annexe du sanctuaire. Enfin, le plan circulaire était, le plus souvent, celui des hérôa, des édifices consacrés à des héros ou à de grands personnages assimilés aux dieux, tels le Philippeion d'Olympie ou le temple d'Auguste et de Rome, à Athènes.
Tels sont, brièvement, les principaux édifices de Delphes. Pour animer ce site grandiose, autrefois si vivant mais sur qui pèse aujourd'hui le mystère d’un silence impressionnant, il faudrait lui restituer par la pensée les milliers de statues et d'œuvres d'art qui en faisaient un prodigieux musée où étaient représentés les artistes de toutes les écoles, de toutes les périodes de l’art grec. Il faudrait surtout lui rendre le grouillement continuel de ses pélerins, ces théories de consultants, ces processions accourues de tous les points du monde grec et même barbare pour implorer du dieu le secret de l'avenir. Figuronsnous par exemple l'arrivée de la Pythaïde que les Athéniens envoyaient à Delphes chaque fois que l'éclair avait brillé au-dessus de l’‘“Harma”, une des pointes du Parnès. Au milieux d’un concours de peuple venu pour les admirer, voici la fleur de la jeunesse athénienne, les éphèbes, drapés dans leurs sombres chlamydes. Ils gravissent les pentes de la voie sacrée, escortant les neuf archontes, les prêtres d’Apollon Pythien, les devins, les exégètes athéniens en costume d’apparat. IIS conduisent vers l'autel d'Apollon des victimes de choix, un taureau en tête. Et le dieu verse les trésors de sa lumière blonde sur cette ambassade sacrée montant vers lui …1u son des flûtes et des péans, qui résonnent dans l'atmosphère cristalline de Delphes et vont éveiller les sonores échos des sourcilleuses Phédriades, baignées d’or et couronnées d'azur.
En terminant qu'il me soit permis d'évoquer un souvenir personnel: il montrera comment l'enthousiasme du dieu se communique encore parfois aujourd’hui à ceux qui viennent visiter son sanctuaire détruit.
C'était en 1903. Les personnalités les plus éminentes de Grèce et de l'étranger étaient montées vers Delphes, pieuse caravane, fervente des merveilles exhumées dans le saint lieu. Le ministre de lInstruction publique de France s'était déplacé pour venir inaugurer le Musée de
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Delphes, commencé grâce à la générosité du banquier Syngros et qui venait d’être terminé avec les libéralités de sa veuve.
Avec sa chaude éloquence méridionale, le ministre célébra comme il convient l'importance de cette triomphante journée. Vous devinez sans peine les effets oratoires que lui fournit l'invasion de 279 : les Gaulois d'aujourd'hui venaient solennellement réparer l’outrage fait au sanctuaire par leurs ancêtres.
Puis ce fut la visite des ruines rendues au jour et, nous ne sûmes jamais comment, soudain, ce fut le miracle, miracle du printemps radieux de l’Hellade, du charme mystérieux de Delphes, des rayons dorés d'Apollon. Tous ces invités, doctes et graves, furent subitement métamorphosés en une farandole onduleuse qui serpenta sur la voie sacrée et dans le théâtre, nouveau Python dont la tête était le ministre lui-même, qui avait subitement retrouvé sa jeunesse et son Midi dans ce cirque sonore de rochers, tout bruissant de cigales et tout vibrant de couleurs et de lumière.
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE.- E. Bourauer, Les ruines de Delphes, Paris, 1914; Delphes, Paris, 1925; Fouilles de Delphes, exécutées par ordre du Gouvernement français et publiées, sous la direction de TH. HomozLe avec le concours des directeurs de l’École francaise (en cours de publication) ; CH. Picarp et P. pe La CosTE- MesseuièrEe, La sculpture grecque à Delphes, Paris, 1929; H. Pomrow, article Delphoi dans la Real-Encyclôpädie der classischen Altertumswissenschaft, t. IV et suppl. IV ; F. Poucsen, Delphi, Londres 1920; Delphische Studien, Copenhague 1924.
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Fontaine de Castalie.
Fig. 2.
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